Les Grecs pratiquaient la médecine et possédaient même des techniques assez raffinées, notamment en chirurgie. Bien entendu, la religion, qui faisait partie intégrante de la vie des anciens Grecs, était étroitement associée à la guérison. Ainsi, il existait en Grèce des sanctuaires où les malades se rendaient pour être guéris. Voici une petite présentation du dieu grec de la médecine, Asclépios, et du rituel principal de guérison qui avait cours dans l’Antiquité, notamment au sanctuaire d’Épidaure.

AsclepiosAsclépios est un héros qu’on dit fils d’Apollon et d’une mortelle, Coronis. Cette jeune femme avait été infidèle à Apollon et celui-ci la tua. Cependant, le dieu, regrettant son geste, la changea en corbeau. Puis, comme la jeune femme était enceinte, il sauva son enfant qui n’était pas encore né, et le confia au centaure Chiron. Asclépios apprit l’art de la médecine auprès du centaure. Il faut préciser qu’Apollon est un dieu guérisseur lui-même mais il est aussi associé à la mort subite (comme il tire des flèches, on croit qu’une mort subite est l’œuvre d’une flèche du dieu). Lors de son apprentissage auprès du centaure, Asclépios se révèle un si bon médecin qu’il est capable de ressusciter les morts. Un jour, il va ressusciter Hippolyte, qui était un favori d’Artémis, la sœur jumelle d’Apollon (la mort d'Hippolyte est un mythe en soi...) Mais cet acte était un sacrilège car un mortel n’a pas le droit de ressusciter les morts. Zeus va alors le punir pour avoir interféré avec le domaine des dieux : il le foudroie. Apollon se vengera ensuite de ce crime.

Lorsqu'on représente Asclépios, on l'identifie généralement grâce à son caducée: un long bâton de pélerin sur lequel s'enroule un serpent. Ce symbole est d'ailleurs devenu celui de la profession médicale.

Les historiens discutent encore à savoir si ce personnage n’aurait pas réellement vécu et qu’il aurait ensuite été divinisé. À l’époque classique (vers 500 avant J.-C.), ce dieu était très important et était vénéré comme le fondateur de la médecine.

Hippocrate, un des plus grands médecins de l’Antiquité et qui a inspiré le serment que les médecins actuels prêtent encore aujourd'hui, était un prêtre d’Asclépios. Les prêtres d’Asclépios, initiés à la médecine, se nommaient les Asclépiades.

Il faut savoir aussi que le tragédien Sophocle (496-406 avant J.-C.) aurait joué un grand rôle dans l’établissement de son culte à Athènes. Sophocle en effet vénérait son culte. Mais le plus fameux sanctuaire  dédié à Asclépios était à Épidaure. 

Épidaure est une petite cité située dans le Péloponnèse, au sud d’Athènes. Elle est surtout connue pour son fameux théâtre, très bien conservé encore aujourd’hui et dont les propriétés acoustiques sont incroyables. Toutefois, il existait également là un sanctuaire dédié au dieu médecin.

Les fidèles venaient à Épidaure de partout dans le monde grec pour être guéris, un peu comme on fait des pèlerinages de nos jours à Lourdes ou à Sainte-Anne-de-Beaupré. Ils y pratiquaient le rituel de l’incubation. Ce rituel consistait à dormir dans un temple pour recevoir en rêve des messages d’un dieu et pour recevoir des indications sur le remède à sa maladie, ou pour d’autres choses. Les prêtres médecins interprétaient ces rêves pour tenter de trouver l’origine de la maladie et d’en découvrir la cure. Les prêtres faisaient ensuite des prescriptions que les fidèles devaient suivre pour guérir.

Avant l’incubation, le fidèle devait se purifier durant trois jours. On procédait également à des sacrifices. On faisait un don d’argent et une offrande de trois gâteaux : un au succès, un autre à la Santé (Hygie, fille d’Asclépios) et au Bon Ordre (Thémis). Le malade dormait dans une chambre attenante au sanctuaire en portant une couronne de laurier. 

Dans les ruines du sanctuaire, les archéologues ont retrouvé des milliers d’ex-voto représentant des parties du corps. Ces ex-voto étaient offerts au dieu lors de guérison. Précisons enfin que l’animal sacrifié en l’honneur d’Asclépios était le coq. D’ailleurs, quand Socrate but la ciguë en 399, on rapporte qu’il aurait dit à ses disciples : « Je dois un coq à Asclépios! » en soulignant le fait qu’il mourait âgé mais en santé et qu’il en remerciait le dieu.

Ex_voto_pieds(Noter que sur l'image insérée ici représentant des pieds, on peut très bien lire, sur la seconde ligne, le nom d'Asclépios en grec.)

Il est donc intéressant de constater que la médecine ancienne donnait une grande importance à l’aspect spirituel et aux rêves, ce qui rejoint la réflexion que je faisais plus tôt à propos des rêves et de la maladie.