gilgamesh_gilgameshsealHier, j'ai assisté à une pièce de théâtre pour enfants, un conte musical sur l'épopée de Gilgamesh du Petit Théâtre de Sherbrooke, présentée aux Gros Becs, rue Saint-Jean. J'y allais en compagnie d'une collègue et amie principalement pour rencontrer l'auteur du texte et metteur en scène Michel Garneau pour une entrevue pour le bulletin de l'APHCQ, l'association de professeurs d'histoire pour laquelle je m'implique depuis quelque temps.

La pièce reprenait, dans une mise en scène géniale utilisant marionnettes et théâtre d'ombres, des extraits marquants de l'épopée de Gilgamesh, un des récits les plus anciens qui nous soient parvenus, écrit (sans doute après avoir été longuement transmis par tradition orale) il y a près de 6000 ans par les Sumériens. Plusieurs autres textes marquants de l'histoire de l'humanité s'inspirent des thèmes et symboles de l'épopée de Gilgamesh, telles la Bible ou l'Odyssée d'Homère, ce qui confère au texte sumérien une aura spéciale.

Le thème central de cette épopée est une des grandes questions fondamentales à laquelle est confronté l'être humain: la mort.

En effet, Gilgamesh, après avoir rencontré son égal, Enkidu, et avoir développé avec lui une amitié fraternelle, perd son ami lors d'une bataille avec le taureau céleste envoyé par la déesse Ishtar qui se venge ainsi d'avoir été humiliée par Gilgamesh. Après la perte de son ami, Gilgamesh entreprend un périple initiatique pour trouver les réponses à ces questions:

Pourquoi la mort? Qu'est-ce que la mort? Y a-t-il moyen d'y échapper?

Au bout du chemin et des épreuves, Gilgamesh trouvera peu de réponses. Contrairement à celles qui seront par la suite proposées par les religions (judaïsme, christianisme, islam). Les Sumériens, dans leur sagesse, sans doute, nous laissent sur cette réflexion: en tant que vivants, nous ne connaissons que la vie. La mort est indisable. L'immortalité nous est refusée. Mais en tant que vivants, il nous importe de vivre. De perpétuer la vie.gilgamesh_news

Illustrations: Sceau néo-assyrien du 7e siècle avant J.-C. provenant de la Schoyen Collection. Sur l'image sont représentés Gilgamesh et son ami Enkidu, tuant le taureau céleste. Seconde image: marionnettes représentant Gilgamesh et Enkidu, Petit Théâtre de Sherbooke.