greek_bronze_maskLe théâtre est sans doute un des plus beaux héritages que nous ont laissés les Grecs.

On ne sait pas précisément quand ni comment est né le théâtre. Mais il connut véritablement son apogée au Ve siècle avant J.-C.

Le théâtre, pour les Grecs, était une activité intimement liée au domaine sacré, à la religion. On honorait, par la mise en scènes de pièces actées, le dieu Dionysos. Il faut savoir aussi que tous les rites des Grecs étaient en soi théâtraux, par exemple en laissant une bonne place au mime.

Si on connaît moins les débuts, plus obscurs, de la comédie, on pense en revanche que la tragédie est née à Athènes. Le nom « tragédie » vient du grec « tragôdia » qui signifie « chant du bouc. »

C’est sous Pisistrate, un tyran qui voulut entreprendre de grands projets pour le rayonnement d’Athènes, qu’on organisa les premiers concours de théâtre. Il existait dans cette cité trois grands concours: les Grandes Dionysies, les Petites Dionysies (qui avaient lieu dans les campagnes athéniennes), et les Lénéennes. 

Au départ, une pièce de théâtre était écrite pour n’être jouée qu’une seule fois. Avec le temps, des auteurs marquants connurent le privilège de voir leurs pièces rejouées.

C’était la cité qui veillait à l’organisation des pièces. Il y avait même un magistrat, l’archonte éponyme ou l’archonte-roi, selon le cas, qui devait veiller à la bonne marche de l’organisation des concours. Le chorège, un autre magistrat élu, devait quant à lui payer une bonne partie des frais associés à ces concours, soit l’entretien et l’entraînement du chœur. Bien entendu, ces lourds frais faisaient en sorte que seuls les citoyens riches avaient accès à de tels postes.

Pour engager un auteur, on procédait à un concours. On en retenait trois. Chacun recevait un chœur et un acteur. Les citoyens participaient aux pièces en tant que choristes. Pour un concours, chaque auteur devait présenter trois tragédies et un drame satyrique.

Un jury, composé de cinq citoyens choisis au hasard, attribuait les prix. L’auteur gagnant recevait une couronne de laurier. Plus tard, un prix récompensa également le meilleur acteur.

Notons au passage que le terme « acteur » se dit « hypocrites » en grec, dont une des significations est « celui qui répond » en raison du fait que l’acteur répondait au chœur.

L’histoire aura retenu le nom de trois grands auteurs tragiques athéniens : Eschyle (525-456), Sophocle (496-406) et Euripide (485-406), dont les pièces sont encore jouées de nos jours. Chacun de ces auteurs a su marquer, à sa manière, le théâtre en Grèce et le faire évoluer.

Pour les curieux, je suggère le visionnement du film Maudite Aphrodite de Woody Allen qui utilise de façon fort intéressante les procédés du théâtre ancien, où le chœur interpelle le héros. Un bon divertissement, en plus.

Illustration: masque de théâtre grec, en bronze.