ecrire_Deville_ChabrolleVous le savez, maintenant que j'ai révélé mon secret en ces lignes: j'écris.

L'automne dernier, j'ai terminé un deuxième roman dont les thèmes abordent, entre autres, le monde de la littérature grecque, la naissance du christianisme mais, surtout, la vie, la foi, l'atteinte du bonheur.

Ce roman a été écrit rapidement, certains s'en rappellent peut-être. Dans des périodes de frénésie où le Temodal me rendait hyperactive. Mon roman, terminé en un mois et demi, était parti chez cinq maisons d'édition. Aujourd'hui, j'ai reçu le dernier refus (je vous ai épargné le récit de la réception de chaque lettre, des lettres types pour la plupart, qui ont comme seul mérite de montrer que le roman n'a même pas été lu...). Mais cette fois-ci, mon roman a été sélectionné et lu. On m'a même envoyé le rapport de lecture (fort élogieux, j'en rougis presque) pour que j'en prenne connaissance. Cependant, on m'avertit à la fois que mon manuscrit a été mis en lecture et du fait que, finalement, on ne me retient pas.

Soupir.

La maison d'édition reçoit quatre ou cinq cents manuscrits par an et, de ce nombre, en retient une trentaine en pré-sélection. J'en fais partie. Ensuite, la maison ne publie que deux ou trois nouveaux auteurs. Et je n'ai pas été retenue à cet effet.

Ce soir, donc, je suis ambivalente. D'un côté, je suis malheureuse de voir une fois encore mon roman rejeté. Mais de l'autre, je lis ces commentaires enthousiastes sur mon écriture, sur l'histoire, sur un de mes personnages principaux qui semble avoir charmé l'auteur du rapport... et je me dis que je ne suis peut-être pas si nulle, après tout. Et peut-être pas si loin du but non plus, comme me l'a d'ailleurs fait remarquer un autre éditeur, récemment, dans une conversation téléphonique.

Mais bon. Peut-on dire que c'est un pas dans la bonne direction quand on se retrouve à la case départ, sans avoir avancé d'un iota?