11 juin 2008
Papillon noir
Ouf.
Par où commencer?
J'ai fait un bon voyage. Je vous en reparlerai.
Mais aujourd'hui, c'est ma santé qui est encore une fois venue occuper mes pensées... et ma journée.
Hier, j'ai été à l'hôpital prendre ma dose d'iode en vue de ma scintigraphie de ce matin. C'était une affaire de rien. On prend un comprimé avec un verre d'eau et le tour est joué. Mais il y avait un questionnaire, avant. Un questionnaire qui demandait plein de questions du genre "Avez-vous mangé des fruits de mer dans les derniers jours?" Ben, oui. Hier encore. Et à Paris, il y a trois jours. "Avez-vous passé des tests médicaux utilisant des agents de contrastes?" Oui. Des IRM, avec injection de gadolinium. Bon. Problème. Il faut vérifier si le gadolinium contient de l'iode. Téléphone à la technicienne en imagerie médicale. Réponse: le gadolinium n'est pas à base d'iode. Pourquoi est-ce important? Parce que si ma thyroïde avait déjà été imbibée d'iode, le comprimé n'aurait servi à rien. Et je n'aurais pas pu passer ma scintigraphie.
Mais ouf. J'ai pu ensuite prendre ledit comprimé et retourner faire ma journée (qui s'est en fait déroulée au salon funéraire et à l'église pour le décès d'un proche très aimé).
Aujourd'hui, 8h15. Rendez-vous pour la fameuse scintigraphie. On va voir ce qu'on va voir: pourquoi suis-je donc en hyperthyroïdie? À cause d'une simple inflammation ou à cause du syndrome de Graves?
La scintigraphie s'est bien déroulée (mis à part le fait qu'il a fallu refaire les clichés pour cause de "trainées" laissées par mes glandes salivaires) Mais c'est une affaire de cinq minutes. Non. Ce qui a été long, incroyablement long, c'est l'attente du médecin radiologiste qui devait voir avec moi les clichés.
Le temps a passé. Franchement, j'en ai presque perdu patience. (Au moins, j'étais en compagnie de ma fidèle maman et en possession de l'excellent Chagrin d'école de Daniel Pennac.) Mais j'ai dû constater avec effroi, vers 11h, que je ne serais pas capable de me présenter à ma réunion départementale! Et ce n'est que vers midi moins quart qu'un médecin très gentil, confondu en excuses pour ce retard, m'a montré des clichés d'un papillon aux ailes noires: ma thyroïde.
Verdict: j'ai le syndrome de Graves. Devant moi, trois options: une chirurgie qui viendrait retirer la moitié de ma glande hyperactive, ne laissant qu'un bout qui, à lui seul, devrait faire le boulot. Sinon, une médication quotidienne: quatre comprimés par jour pendant un an environ mais le problème peut revenir par la suite. Ou encore une prise d'un seul comprimé d'iode radioactif qui détruirait une bonne partie de ma glande. Le problème, c'est que souvent, l'iode en question détruit plus que nécessaire et la thyroïde n'est plus en mesure de fonctionner: il faut alors palier à cette carence par la prise de syntroïde.
Il était midi. Mon billet de stationnement frisait le maximum quotidien et je me suis dit que si je retournais à la maison avant mon autre rendez-vous chez l'oncologue à 14h, j'allais vraiment casquer pour rien. Mieux valait rester sur place et attendre. Je suis donc allée manger avec Maman au resto du coin et nous étions en oncologie dès 13h15. Arrivée d'avance, je suis passée tôt: à 14h30, j'étais sortie de l'hôpital.
Topo de cette rencontre avec mon oncologue: nous sommes revenus sur ma "fameuse" IRM du 8 mai (celle dont les clichés n'étaient pas parvenus à mon neurochirurgien...) Il avait le rapport bien en mains, lui. D'entrée de jeu, il m'a annoncé que l'IRM avait montré que je fais des sinusites chroniques (tiens...) et moi de lui annoncer que j'ai des pépins de thyroïde (avec résumé de ma rencontre de l'avant-midi). Mon oncologue m'a déconseillé l'iode radioactif: pour les mêmes raisons que celles qui nous font repousser la radiothérapie. La radioactivité est à éviter le plus possible. "Il faut penser à l'avenir", est l'expression qu'il a employée. Il me suggère la chirurgie. Plus efficace et sans danger.
De retour à la maison, j'ai pris rendez-vous avec mon médecin de famille. C'est elle qui pilote le dossier thyroïde (et sinusite). J'ai réussi à avoir un rendez-vous pour demain. C'est donc à suivre.
Quant à mon voyage à Paris j'y reviendrai. Pour le moment, j'ai encore un peu de décalage horaire à reprendre, et un moral à remonter. Au moins, j'ai de quoi m'occuper: mon roman mis en page m'a été envoyé, j'ai la semaine pour relire ça.
Mon oncologue a eu cette parole encourageante alors que je quittais son bureau: "Lâche pas! Tu vas y arriver!"
Ben oui. Je vais y arriver. Quand, c'est une autre histoire.
Commentaires
Ton oncologue est un sage. (Dans l'état de fatigue où tu dois être, pas étonnant que tu aies le moral à plat! Mais te connaissant un peu, je suis certaine qu'il va vite remonter.)
Oui, tu as raison de poser la question « quand ? » ; il y a un bon moment que tu es abonnée aux services médicaux. Je crois comme toi qu'il serait temps que tu puisses jouir d'un long congé.
Je répèterai ce que t'a dit ton oncologue car tu n'as pas l'habitude de lâcher ; tu as plutôt l'habitude d'atteindre tes objectifs.
Allo ma belle Danaée,
Ne t'inquiète pas!!! J'ai eu cette hémi-thyroïdectomie et vraiment c'est facile. Bon c'est une opération... mais quoi de plus rassurant que de savoir que le bobo est retiré et analysé en labo? Pour la médication, au besoin, rien de plus simple, peu coûteux (max 15$ pour 3 mois) et sans effet indésirable. Je t'appellerai si tu veux!!!
A+, et dans de meilleures circonstances je l'espère.
Ensorcelée xxx
Réponses en hypo
Choubine: Je commence en effet à lui trouver des airs de sage, à mon oncologue. Je dirais qu'il a vraiment gagné à être connu! Et même si je suis un peu ratapla côté moral, je sais bien que mon problème de thyroïde n'est pas particulièrement préoccupant. C'est juste un dossier de plus dont je me serais passé...
Alcib: Oui, quand!? Mais je me rends compte que, dans la vie, on contrôle bien peu de choses. Alors mieux vaut rester zen. Souhaiter un long congé, du repos, la parfaite tranquillité, c'est bien beau. Mais dans la réalité, il y a peu de "vraie" période où tout cesse et où rien ne cloche. Mais je reprendrai ici les paroles de Georges Moustaki: "Nous avons toute la vie pour nous amuser, nous aurons toute la mort pour nous reposer!" Bref, je préfère que ça "swigne" un peu... à trop de tranquillité...
Ensorcelée: Si tu veux bien m'appeler, j'en aurais d'autre à te dire! Mais tu me rassures beaucoup. En plus, ta cicatrice ne paraît pratiquement pas. Mais là, rien ne va plus: il semble que je sois en hypo! Enfin. Mon dossier ne s'annonce pas simple!
De tout coeur en pensées sur ce long chemin qu'est la guérison..
Ça lâche pas!
Il me semble que tu es mûre pour une bonne période de répit, pour recharger ton énergie et profiter du beau temps. Bon été
Mais oui tu vas y arriver! Parfois on se demande comment ces "pépins" peuvent nous arriver, mais je me dis que c'est pour avoir le meilleur après!!! Mais toi tu as eu Paris avant... :o) On se voit bientôt j'espère!
Hé là, là ! Pour n'importe qui, le décalage horaire tombe sur les nerfs (la fatigue), mais avec ces tests, examens, résultats, réflexions, décisions, ça fait beaucoup. La meilleure manière d'accepter le repos est d'accepter que l'on soit lasse.
Petite guerrière des temps modernes, repose-toi.
P.S. Je suis super contente d'avoir une belle photo de toi à Paris envoyée par Caro(line) !
Allô ma belle Danaée. J'ai de mon côté fait de l'hypothyroïdie en 1995 et ensuite de l'hyper (perte de 30 livres en 2-3 mois en 1996), suite à une prise inutile de synthroïd. J'avais une bosse sur l'aile gauche de ma thyroïde que mon oncologue de Québec essayait de faire "fondre".
J'ai finalement eu un excellent oncologue à Montréal (le 3e avec Québec et Mtl). Pas de "taponnage" avec lui: un nodule ne fond pas avec la prise d'hormone (au contraire, il commençait même à grossir!), tests pour analyser le contenu dudit nodule. Résultat: cellules atypiques, possibilité de cancer. Verdict: ablation du côté gauche avec possibilité d'ablation totale.
Je me suis fait opérée en janvier 2003 en espérant me réveiller avec encore mon côté droit thyroïdien. Et chance, je n'avais que deux nodules superposés sur mon côté gauche, non cancéreux. Le chirurgien a coupé dans le pli du cou et la cicatrice est très peu apparente.
J'ai passé quelques temps sans prendre de synthroïd, mais comme c'est une histoire de famille chez nous, il m'en a donné il y a 2 ans, mais à dose minime pour aider le côté droit à fonctionner normalement. Voilà!
Repose-toi de ton voyage avant de rebondir dans la vie quotidienne. Prends soin de toi!
Bises!
Oui lâche pas ma belle Danaée, il semble que tu ne l'auras pas facile...Une autre étape à franchir dans cette vie remplie d'embûches...
Ton médecin a raison de te dire *Lâche pas , tu vas y arriver*. Je pense qu'il te connait assez bien...Je sais que tu vas y arriver, je suis avec toi.
Bisous, je t'aime
marraine
Un bien très précieux
La santé est décidément un bien fort précieux que l'on apprécie jamais assez quand on l'a, mais qu'on souhaite à tous ceux qu'on aime. Alors voilà tout ce que je peux faire: te souhaiter la santé le plus tôt possible. J'espère que votre voyage d'amoureux fut fantastique. Merci pour l'envoi ;-) On pense beaucoup à toi, à vous deux, à vous quatre.
Leif & la famille
Réponses papillon d'été
Albane: C'est bien gentil. Mais je pense quand même que je vais avoir un peu de répit d'ici peu. Du moins, en ce qui concerne ma santé.
Lux: En fait, je pense que je suis mûre pour arrêter de gratter mes propres bobos. Je pense que je vais avoir mieux à faire pour les semaines qui viennent...
Jules: Oui, j'espère bien qu'on se verra bientôt. J'ai eu vent d'une partie de bowling... Ça tient toujours? :)
Venise: Ah, ah! C'est chouette, cet envoi que Caro[line] vous a fait! On a eu une très belle rencontre, c'est vrai. Quant à moi, je suis due pour autre chose, je pense. Côté santé, j'ai espoir que ça devienne plus tranquille pour quelque temps. C'est la santé de mon amie qui me préoccupe, ces jours-ci.
Daphnea: C'est très instructif pour moi, ton histoire. J'ai bien hâte de voir ce que dira mon échographie (en espérant qu'on ne découvrira pas de nodules...) mais c'est certain que j'ai une génétique dont il me faudra tenir compte pour les années à venir, moi aussi. Mais je pense que je vais éviter la chirurgie, si tout va bien.
Marraine: Je ne lâcherai pas. Mais disons que je suis préoccupée par mon amie, comme tu sais. Alors je suis bien contente du diagnostic de thyroïdite. Ça simplifie pas mal les choses...
Leif: À qui le dis-tu! La santé, quand on l'a, on ne prend pas assez la mesure de ce bien précieux. Trop de gens s'en rendent compte une fois la maladie arrivée dans leur vie. Mais ce qui est vrai aussi, c'est que même quand on profite à fond de la vie, on peut aussi être frappé par la maladie... Bref, le moment présent est très important. C'est une grande vérité. Contente que vous ayez reçu l'envoi! On se voit bientôt, j'espère!
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