Un volcan en sommeil n’inquiète personne. De loin, on le distingue à peine d’une banale montagne. Les hommes s’agglutinent à ses flancs, profitant ainsi de la fertilité du sol, ensemencé des cendres volcaniques. Les ans passent. Parfois des décennies, voire des centaines d’années. La vie y suit son cours…

Jusqu’au réveil de la montagne de feu. Des premiers soubresauts, indices inquiétants. Grondements sourds, tremblements de terre. Éructation de cendres… Si le volcan avertit. S’il daigne sonner l’alarme. Car, malheureusement, il arrive que l’éruption soit presque sans prémices. Surprenant les habitants.

La mort, atroce, est alors au rendez-vous.

Pompei vesuve

Pompéi, à l'ombre du Vésuve

Je vis au pied d’un volcan depuis 10 ans. Impossible d’envisager de partir. Je dois apprivoiser cet univers, cette réalité. Le sol y est fertile. On dit que ça nous apprend à vivre le moment présent.

J’y mourrai donc.  Le plus tard possible, espérons-le.

Mon volcan, après une secousse en 2006, s’était assoupi.  

Il se réveille.

Certes, il y a eu des indices. Ces tremblements de terre en moi, presque imperceptibles. Perte de mémoire, troubles d’élocution, de motricité. Une chute dans l’escalier… Une autre. Des hasards, me suis-je dis. Sans doute, m’a-t-on dit aussi.

L’IRM de janvier montre un rehaussement de la tumeur.

Je me sens impuissante. Tétanisée devant cette annonce. Mon oncologue, l’air grave m’annonçant la nouvelle. La perspective d’une autre série de cycles de Temodal. La volonté de repousser les traitements de radiothérapie.

Oui. Il reste encore de l’espoir. Celui de circonscrire les dégâts. De gagner du temps.

J’avais espéré que le silence de la tumeur, son immobilité, signifiait qu’elle avait été vaincue. Ce réveil du volcan me prend par surprise. Je le rêvais éteint. Il n’était qu’endormi.

Ce blogue en dormance reprendra donc vie.

Fertilité volcanique… voyons cela comme ça.