Si dans ce carnet j’ai parlé du stage que j’organisais à Rome, jusqu’à présent c’était sous l’angle de la chimiothérapie, surtout alors que j’ai cru qu’il faudrait que je laisse tomber le projet.

Or, je suis bien d’accord que c’est sous l’angle du contenu du stage lui-même qu’il est intéressant de se pencher.

Revenue depuis plus d’une semaine, maintenant, je prends quelques minutes aujourd’hui pour vous en tracer un bref portrait.

Tout d’abord, il faut savoir que ce stage était un cours complémentaire, offert à tous les étudiants de mon cégep. Les étudiants suivaient un cours d’histoire et civilisation romaine pendant la session d’hiver qui se terminait par le stage. Ainsi, nous sommes passés à travers l’Antiquité romaine, le Moyen-Âge, la Renaissance et le Baroque, la période moderne et contemporaine. Le but était de familiariser les étudiants avec les concepts essentiels pour avoir une base et ainsi mieux apprécier les visites sur le terrain. 

Le stage lui-même a eu lieu du 25 mai au 9 juin. Notre formule prévoyait que nous vivions en appartements partagés. Chaque jour, des visites étaient prévues et, en fin d’après-midi, nous nous rendions au Centro Linguistico Dante Alighieri pour deux heures d’italien.

Quelle expérience ce fut pour moi que ce stage!

Il faut que vous sachiez que dès que j’ai commencé à enseigner (et je l’avais même mentionné lors de mon entrevue d’embauche!), je souhaitais un jour faire un cours sur le terrain avec un groupe d’étudiants. L’ayant moi-même vécu à la fin de mon cégep, en Grèce et en Turquie en 1993, avec deux profs passionnés, je tenais à «donner au suivant», si on veut.

Et c’est chose faite. Espérons que le projet pourra être repris...

Sur le plan des visites, nous sommes allés à peu près dans tous les sites essentiels. Ainsi, nous avons visité les thermes de Caracalla et la via Appia (dont les catacombes de San Callisto), le Forum (sous la pluie!)... en repoussant notre visite du Colisée au lendemain... le Campo dei fiori, le Gésù, le musée du Capitole (où se tient actuellement une fabuleuse exposition de manuscrits originaux tirés des archives secrètes du Vatican: Lux in arcana), Cinecittà (où nous avons marché à travers les décors de la série Rome!), le joli village de Tivoli et sa majestueuse villa d’Este, le Panthéon, et plusieurs églises (comme Santa Maria sopra Minerva où se tenait le tribunal de l’Inquisition...), la ville antique de Pompéi, le quartier du Trastevere et, bien entendu, la Basilique San Pietro et les musées du Vatican qui incluent la chapelle Sixtine...

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Le groupe à Cinecittà, dans les décors de la série Rome

Pour la prof que je suis, ce stage a été un constant émerveillement. Chaque jour, je voyais les yeux des étudiants pétiller devant toute la beauté de la Ville éternelle, je les ai vus découvrir un mode de vie nouveau, apprendre une autre langue, être curieux, faire des essais et des erreurs. Certains ont pris l’avion pour la première fois, d’autres ont découvert comment fonctionne un métro. Ils ont développé leur débrouillardise, ont goûté des plats différents, se sont fait des amis et ont appris mille choses.

Le grand secret du succès de ce stage, à mon humble avis, ce fut la chimie du groupe. 21 jeunes qui, au départ, se connaissaient très peu. Tous différents dans leurs caractères, leurs intérêts. Mais si inclusifs, aussi. Personne qui n’ait été laissé dans son coin. Rapidement, la vie en appartement s’est muée en joyeuse camaraderie où les profs, bien qu’un peu en retrait, ont été inclus. Que de belles découvertes culinaires (on se rappellera du risotto «à la Marco» ou des pâtes Carbonara). Miam! Un bon verre de vin en fin de journée... les étudiants se rassemblaient en petits groupes pour compléter leur journal de bord (évalué à la fin du séjour) ou encore pour faire leurs devoirs d’italien. Et j’ai même eu le grand bonheur de tenir un cercle de lecture (dont je reparlerai!).

Bref, si ce fut extrêmement fatiguant pour moi (je ne veux même pas penser à ce que cela aurait été si j’avais poursuivi ma chimio!), ce fut une expérience inoubliable.

Tutto è bueno quel ché finisce bene!