Philosophes Rome

Ah, les Anciens!

Pour les avoir étudiés, il faut bien que ça me serve un peu... Surtout lorsque je cherche du sens à ce que je vis, au jour le jour.

On connaît les Grecs et leur apport à la pensée occidentale, eux à qui l’on doit les premiers essais d’explication de la nature en mettant de côté la mythologie, les croyances. Les Romains ont ensuite adopté les grands courants philosophiques qui circulaient en Grèce... Mais avec circonspection. Les Romains, résumons ça comme ça, étaient conservateurs et soupçonneux devant les idées nouvelles... Mais ils aimaient la morale et l’éthique et deux courants philosophiques ont connu un réel succès à Rome: le stoïcisme et l’épicurisme. Deux philosophies qui se ressemblent à plusieurs égards dans leur façon d’aborder l’existence et le sens de la vie.

Quand on pense au stoïcisme, on pense à l’expression rester «stoïque», soit serrer les dents devant les difficultés. Ne pas broncher. On a vite des images en tête. Moi, je vois les Saints-Martyrs-Canadiens torturés par les Iroquois, souffrant sans dire un mot. Le christianisme est l’héritier de cette façon de voir. 

Mais qu’en est-il de cette philosophie?

Le stoïcisme, ou philosophie du Portique, est basé sur la résignation. Selon les stoïciens, la Nature est dominée par une raison divine, le Logos, et tout se produit en accord avec lui. Le sage doit accepter ce qui survient avec sérénité, et se battre contre le destin est signe de faiblesse morale. Dans cet esprit, la douleur et la mort ne sont pas vues comme un mal. Le stoïcien ne recherche pas le plaisir, car le plaisir n’est pas vu comme un bien.

L’épicurisme, quoiqu’on en dise souvent, n’est pas une philosophie du «plaisir». En fait, la philosophie du Jardin, mise de l’avant par Épicure puis popularisée par Lucrèce, prône au contraire un austère retrait du monde. L’objectif est de conduire les hommes (femmes et esclaves inclus) sur la voie de la sagesse en passant par la voie des sens, et uniquement par ceux-ci. Pour Épicure, il existe un dieu, mais il ne se préoccupe pas des hommes. Pas de vie après la mort non plus. Le bonheur réside dans la tranquillité de l’âme et s’il est bon de profiter des plaisirs de la vie, il ne faut pas se rendre malheureux pour cela. Ainsi, on peut savourer un bon vin, mais ne pas être malheureux si on n’a que de l’eau. Il faut apprendre à se limiter et éviter les excès.

Je vous l’avoue, je penche pour la philosophie épicurienne, par l’aspect très «carpe diem» qu’elle prône. Profiter des bonnes choses de la vie, mais ne pas regretter leur absence non plus. Cependant, je ne suis pas loin non plus du stoïcisme en refusant de voir la maladie et la mort comme un mal, mais je ne crois pas en une volonté divine où tout serait prévu d’avance. Je crois que si une divinité existe, elle n’a que faire des humains que nous sommes.

Oui. J’aime mon «carpe diem». Profiter des bons moments et ne pas vivre dans le regret quand se pointent les épreuves.  

Pas facile tous les jours. Un travail de tous les instants. Mais c’est la voie vers la tranquillité de l’âme. Et ainsi, je suis le chemin tracé par les Anciens.

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Photo: bustes de philosophes, prise au Musée des Conservateurs, Rome.