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Ces derniers jours, j'ai beaucoup été à l'hôpital... D'abord jeudi soir, pour mon IRM. Ensuite vendredi, pour mon dernier rendez-vous avec mon oncologue, toujours précédé de ma prise de sang au centre de prélèvements. Et j'ai également été rencontrer mon infirmière-pivot. 

Mais comme mon kyste (ou ce qui semblait être un kyste) sous l'oeil droit commence à prendre de l'expansion et change de couleur, mon médecin et mon infirmière me suggéraient d'aller faire voir ça à l'urgence (bien que mon rendez-vous pour ma chirurgie soit prévu le 22 janvier). En effet, longtemps assez stable, la masse a pris rapidement de l'ampleur depuis les dernières semaines. Je dirais qu'elle a triplé de volume depuis.

Ce qu'il faut savoir, c'est que vendredi matin, quand nous sommes arrivés à l'hôpital mon Amoureux et moi, le camion de Radio-Canada était stationné en face car on y tournait un reportage sur les urgences qui débordent... Plein de gens aux prises avec la grippe et la gastro, ça ne me tentait pas particulièrement d'aller y attendre de longues heures en multipliant d'autant mes risques d'être contaminée alors que je suis immunosupprimée.

J'ai laissé passer la fin de semaine. Et lundi, j'ai appelé à la clinique de chirurgie pour avoir un avis. Mais c'était difficile pour eux d'évaluer la situation d'après mes indications au téléphone. On m'a donc dit d'aller à l'urgence pour qu'on y voit. J'ai aussi rappelé mon infirmière-pivot qui a été du même avis.

Donc lundi en fin de journée, j'ai passé six longues heures avant de voir un urgentologue qui, assez inquiet de l'état de la masse, et soupçonnant un abcès ou une lésion tumorale solide, m'a prescrit une échographie de la joue pour le lendemain.

Hier, je suis allée passer mon échographie. Encore de l'attente, malgré que j'avais un rendez-vous. Il y avait aussi des gens marabouts et désagréables, visiblement irrités du temps d'attente. Beaucoup croient que lorsqu'ils ont un problème de santé, le monde devrait se mettre à tourner autour d'eux. Ça fait bien egos à gérer pour le personnel infirmier...

J'ai été vue par la technicienne en radiologie, puis par la radiologiste qui m'a demandé: "Avez-vous passé un IRM récemment?" -Euh, oui, jeudi soir. Elle se souvenait d'avoir étudié mes clichés et vu la masse. (Moi, j'ai été bien impressionnée qu'elle ait eu ça en mémoire). Son avis: ce n'est pas un kyste, plutôt d'un angiome, très vascularisé, mais dont l'exérèse n'est pas assez urgente pour devancer mon rendez-vous avec le plasticien le 22 janvier.

J'ai ensuite attendu encore un bon moment dans la salle de l'urgence avant de voir un autre urgentologue qui s'est dit un peu dépassé par mon dossier (il l'a feuilleté devant moi avec un regard découragé). En fait, il a résumé ainsi les choses: je suis mieux suivie par tous les spécialistes qui me traitent que par lui. Il a émis quelques hypothèses floues concernant la ressemblance entre la formation d'un oligodendrogliome- très vascularisé aussi- et cette masse. Mais en ajoutant: "Je dis n'importe quoi, ne m'écoutez pas."

Euh?

Avant de quitter l'hôpital, j'ai été faire un topo à mon infirmière-pivot, à l'étage en dessous. Elle a été un peu surprise des conclusions de l'urgentologue mais puisque je rencontre ma nouvelle neurochirurgienne-oncologue jeudi matin, ce n'est pas un bien gros délai avant d'avoir un autre point de vue.

Me voilà sortie des dédales de l'urgence... sans avoir vraiment été rassurée sur la nature et l'état de la masse que j'ai sous l'oeil.

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Photo d'Antoine Desilet sur le site Bilan du siècle, de l'Université de Sherbrooke.