Citalopram

Lors de ma dernière rencontre avec mon oncologue, il m'a prescrit une dose légère d'antidépresseurs, question de m'aider un peu à dissiper les nuages sombres accumulés dans mon esprit. Comme ce médicament, le Citalopram, prend quelques semaines à faire effet, c'est très progressivement que j'ai commencé à percevoir un changement en moi.

Il faut le dire, je n'étais pas chaude à l'idée de prendre des antidépresseurs. C'était comme si j'avais perdu la bataille, comme si tous mes efforts pour garder un esprit positif, mon "soleil en tête", n'avaient pas suffi. J'avais l'impression de baisser les bras. Mais il se trouve que le cerveau est un organe de chair, et son bon fonctionnement est liés à son activité chimique. La fatigue, le stress, les chocs émotifs peuvent miner notre santé mentale et avoir des effets très physiques, débalançant l'équilibre du cerveau. Cet équilibre entre le monde extérieur et notre façon de l'appréhender mentalement ainsi que le bon fonctionnement de tous les éléments du corps se nomme l'homéostasie.

La sérotonine est un des éléments chimiques essentiels pour maintenir l'homéostasie. Elle agit comme neurotransmetteur, soit comme "messager des neurones", si on veut. Un déficit de sérotonine peut entraîner une dépression. Dans mon cas, c'est une dysthymie qu'on m'a diagnostiquée, c'est-à-dire une légère dépression s'étirant sur une longue période. Ses symptômes sont la fatigue, les problèmes de mémoire et de concentration, un mauvais sommeil, de l'anxiété, des idées noires, notamment. La dysthymie peut résulter d'un choc ou d'un stress chronique. Bien entendu, ma rechute a certainement contribué à démolir mes défenses mentales...

Alors voilà que les semaines passent. Et que mon cerveau se regénère, que je ressens les effets de la sérotonine. Moins d'idées noires au réveil. Moins envie de me rouler en boule sous mon lit à toute heure du jour. Plus d'énergie pour les tâches ménagères. Bien sûr, je reste vulnérable.  Ma rencontre de lundi, qui ébranle ma confiance en moi dans mes projets littéraires, me fait ployer l'échine. Mais je sais que je remonte la pente, car tout ne m'apparaît pas noir. J'arrive à rester centrée sur le côté ensoleillé de la vie. 

Tout n'est pas gagné, c'est certain. Mais j'avance. Et même si cet état des choses s'atteint en partie "artificiellement", je me sens mieux.