IRM cha québec

Hier après-midi, c'était la deuxième de mes quatre rencontres sur la gestion de la peur de la récidive

La semaine dernière, on nous avait donné un exercice à faire, soit de noter nos pensées négatives sur une grille, en indiquant la situation pendant laquelle survenait la pensée, la pensée elle-même et ensuite l'émotion qui y était ratachée avec un pourcentage d'intensité. 

Cet exercice est moins facile qu'il n'y parait au départ parce que les pensées négatives surgissent à tout moment, parfois presque à notre insu. Or, souvent (en tout cas, dans mon cas), c'est plutôt l'émotion rattachée à la pensée qu'on ressent. Par exemple, une brusque montée d'angoisse. Ou de la tristesse. Un petit nuage sombre et soudain. Mais quelle est la pensée qui a entraîné ça? Pas toujours clair.

Cette semaine, pour m'aider, j'avais mis à contribution mon bel Amour, qui avait pour tâche de me signaler, quand il les voyait passer, les pensées noires... Donc au détour de nos conversations, survenaient les: "Oh, Julie! Pensée noire! Note-la!"

Bref, j'ai noté quelques unes de ces pensées, mais pas toutes, bien sûr. 

Hier, la rencontre a porté sur la restructuration de nos pensées négatives. Car si on doit s'habituer à les identifier, c'est pour les modifier. Pour nous aider, une série de questions nous ont été proposées. En gros, il faut établir si notre pensée est basée sur des faits (preuves que notre pensée est "vraie") ou sur une impression. Et si cette pensée est "vraie" quel est le pire des cas? Et ma pensée est-elle utile? Quels seraient les avantages à changer cette façon de penser?

Un des exemples que nous avons travaillé, c'est la pensée négative qui survient quand on fête un anniversaire (enfant, petit-enfant, amis, le nôtre, etc.): "Peut-être que c'est le dernier anniversaire que je fête avec eux." Quelles sont les preuves que cette pensée est vraie? C'est une impression plus qu'un fait. On peut se dire que tout le monde ignore si, l'an prochain, à pareille date, on sera encore là. En changeant de façon de penser, on profite plus de l'instant présent.

L'exercice cette semaine: noter nos pensées négative sur une grille de restructuration cognitive, en précisant la situation, la pensée et le pourcentage d'émotion rattachée, puis la pensée réaliste qui équilibre notre pensée noire, avec le pourcentage (diminué, espérons-le!) de l'émotion après l'exercice de restructuration. 

Le reste de la séance a porté sur l'importance (ou non) d'être informé par rapport à notre cancer. Où est l'équilibre? Et où aller chercher de l'information? Un sujet qui avait été abordé de manière approfondie à Cancer transitions

Une heure et demie, c'est vite passé. Et il faut souligner que cette formation n'est pas un groupe de soutien où on est encouragé à discuter de nos réalités (contrairement à Cancer transitions). Mais ce que je ressens chez les femmes autour de moi, c'est que beaucoup ont besoin de parler! Ceci dit, être informé est très utile. Mais ça ne remplace pas l'entraide entre pairs, d'où l'importance d'organismes comme la Fondation québécoise du cancer ou, bien sûr, l'OQPAC.

Enfin, cet après-midi, j'ai une résonance magnétique. Toujours une situation qui me replonge dans l'inquiétude: est-ce que ça bouge là-dedans où si tout est stable? Je revois ma neurochirugienne le 20 juin et j'aurai alors les résultats. Je veux lui reparler de l'opération, des risques, de mon pronostic... Bref, tout ça vient me brasser un peu alors ça m'oblige à pratiquer ma pensée réaliste-optimiste!

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Photo: CHA Québec