Séneque1

Mardi, j'avais ma troisième rencontre sur la gestion de la peur de la récidive et il a été surtout question de notre tolérance à l'incertitude.

En fait, l'incertitude, elle est partout. La vie n'est qu'incertitude. Alors si on espère être rassurés, se faire confirmer, par exemple, que le cancer ne reviendra jamais, c'est peine perdue. Aucun médecin ne peut prédire une telle chose. Il peut évoquer un pronostic, c'est vrai. Se baser sur des statistiques. Mais chaque cas est unique. Nous ne sommes pas une statistique.

Donc le constat, c'est qu'on n'a aucun contrôle (ou si peu!) dans la vie. Alors on perd notre temps et notre énergie à essayer de contrôler des choses qui ne peuvent l'être, justement. Donc où mettre efficacement notre énergie? Eh bien, dans le développement de notre tolérance à l'incertitude. Car ça, ça peut se développer, se cultiver. Et plus on sera tolérant devant les aléas de la vie (quels qu'ils soient), meilleure sera notre qualité de vie, notre taux d'anxiété sera consédérablement réduit.

Voilà le secret.

En fait, ce n'est pas un "secret", et il existe diverses façons de travailler notre tolérance à l'incertitude. Dans la philosophie bouddhiste, il s'agit d'un des aspects centraux, le détachement, ou l'acceptation patiente de ce qui ne peut être changé. Accepter patiemment, ça ne veut pas dire se résigner, cependant. Car la résignation, c'est courber l'échine, et quand on parle de tolérance à l'incertitude, ou d'acceptation patiente, c'est dans une perspective de sérénité intérieure. Quelque chose de très lucide et serein. Une tranquillité de l'âme. 

Tiens. Oui, une tranquillité de l'âme, comme le professaient les philosophes antiques, dont le stoïcien Sénèque.

Et tolérer l'incertitude contribue à atteindre cette tranquillité de l'âme que je vise, jour après jour.