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Je ne sais dans quelle catégorie placer ce billet. Dans "Ma vie de prof" ou dans "Au fil des jours"? Car demain, je retourne en classe. C'est enfin ma vie de prof qui reprend son cours... mais aussi une très bonne nouvelle pour ma santé qui est stabilisée.

J'ai beaucoup appréhendé la rentrée. Celle de l'an dernier m'a été pénible, parce que les traitements de chimio m'avaient fatiguée et que j'étais au bout du rouleau. J'ai dû arrêter tout juste après avoir fait connaissance avec mes étudiants. Et cet arrêt de maladie s'est poursuivi toute la session suivante, après la fin de mes traitements, le temps que je me repose complètement.

Corps et esprit.

Même si j'allais de mieux en mieux, quand je pensais à mon retour au travail, mes cours à plein temps, j'angoissais. Je me demandais si j'allais avoir l'énergie, la concentration nécessaires. Si mon moral tiendrait. Encore au printemps, pendant mes séances de Cancer transitions, la perspective du retour était une grande source de stress.

En fait, je réalise que tant que je n'ai pas été VRAIMENT reposée, l'angoisse persistait dès que j'évoquais ma rentrée.

Et puis, comme tout naturellement, dès le mois de mai, je me suis mise à ressentir l'ennui de l'enseignement, la hâte. L'excitation de retourner enfin dans une salle de classe. Et ce, sans avoir peur de manquer d'énergie ou de concentration. Je suis tellement, tellement bien!

Ces derniers jours, j'ai travaillé avec bonheur dans mes papiers, préparé mes cours, assisté à quelques réunions. Je suis heureuse de revoir mes collègues, on me trouve bonne mine. Et je peux leur confirmer que c'est bel et bien l'état dans lequel je suis: bien. À la limite d'un petit flottement, même.

Demain à 8h, je brise la glace avec 32 étudiants de méthodologie. Un cours que je donne avec conviction et passion depuis que j'enseigne au cégep. Et cette année a quelque chose de bien spécial pour moi... Parce qu'il y a 10 ans que j'ai le bonheur d'enseigner. Moi qui ai eu si peur de passer à côté de cette vie, après l'université, alors que les années passaient sans que rien ne s'ouvre devant moi!

J'ai un métier que j'adore. Je ne sais pas pour combien de temps, mais qui le sait, en réalité?

Alors... Carpe diem!

Mon credo ne se dément pas.

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Si vous craignez que j'aie oublié de vous parler de Venise dans mon Carnet de voyage, rassurez-vous. Je vous reviens prochainement à ce propos!