En rouge: zone de langage approximative

Je rencontrais la neurochirurgienne ce matin. C'était, vous vous en souvenez, un gros rendez-vous dans le sens où j'allais avoir une idée claire de ce qui s'en venait pour la chirurgie. 

Les nouvelles sont bonnes: la tumeur est demeurée stable depuis le dernier IRM de juillet. Mais si on remonte à l'avant-dernière résonance (en mars), on voit une petite augmentation d'environ un millimètre. Ça bouge toujours très, très lentement. Mais de toute façon, on a décidé d'opérer alors ça ne fait que confirmer qu'il faut agir. La perfusion montre la présence d'un assez gros vaisseau sanguin dont il va falloir tenir compte et qui va peut-être réduire la marge de manoeuvre de ma docteure.

Pour la résonance fonctionnelle, on n'avait pas les images disponibles sur l'ordinateur. J'ai évoqué mes difficultés de concentration pour faire les exercices, mais ma chirurgienne m'a rassurée. On a les informations dont on a besoin. Le rapport indique que ma zone de langage se situerait à un endroit où mon cerveau présente un creux naturel où il sera possible de bien délimiter la chirurgie pour faire un minimum de dommage (j'ai fait un petit montage pour vous indiquer approximativement la zone en question).

Quant à la chirurgie elle-même, ce sera en janvier, sans doute après le 15. C'est une équipe d'experts qui doivent être présents (les gens ne sont pas interchangeables, donc ça prend "vraiment" ces personnes disponibles, les horaires doivent être accordés). Bien sûr, il reste aussi les urgences, les "vraies" (on se souviendra que j'ai la chance de contrôler le calendrier) qui peuvent s'insérer. Comme des cas de tumeurs malignes qui sont diagnostiquées à l'urgence. Actuellement, pour donner un exemple, il y a deux personnes en attente de leur chirurgie pour des cancers de haut grade au cerveau... et pas de place en salle d'opération. Bref. C'est le monde des hôpitaux.

Pour la suite, je n'ai qu'à attendre que le téléphone sonne pour avoir la date exacte de l'opération. Oh! J'aurai à prendre des anticonvulsants deux semaines avant la chirurgie pour éviter qu'en cours d'intervention je n'aie des convulsions (parfois, ce n'est pas contrôlable, mais on essaie de mettre toutes les chances de mon côté. Et ça devrait bien aller car je n'ai jamais fait d'épilepsie.) Après notre rencontre, ma chirurgienne m'a accompagnée au bureau de l'infirmière en charge des dossiers des chirurgies. Nous nous sommes souhaité de joyeuses fêtes et serré la main.

Je croyais donc que je ne verrais que ma neurochirurgienne aujourd'hui... eh bien, il y a eu ensuite toute une batterie de tests. Le long questionnaire sur mon état de santé (médicaments, allergies, antécédents...), des prises de sang, des prélèvements de muqueuse, une radiographie des poumons et un électro-cardiogramme. Et ma carte d'hôpital à faire renouveler! Ouf! C'est quatre heures, finalement, que j'ai passées à l'hôpital accompagnée, heureusement!, de mes deux fidèles: mon chum et ma mère.

J'aurai encore plein de détails croustillants (même dans le sens sonore...) à évoquer ici. L'étape vers laquelle je me dirige sera, ma foi, haute en couleurs et en émotions. Je me garde un billet juste pour résumer le déroulement de l'opération que m'a expliqué ma chirurgienne.

On va se dire les vraies affaires, ici: je ne passerai sans doute pas le meilleur moment de ma vie. Ma chirurgienne ne me le cache pas. Si elle pouvait le faire sans problème, elle m'opérerait endormie, mais le risque est bien trop élevé. 

Alors on va regarder ça les yeux bien grand ouverts (avec un bon anesthésiant... mais ça a des limites.)

Bon. Je vous reviens. C'est déjà bien assez à digérer pour aujourd'hui. 

Et j'ai mes copies à corriger!