Mélodie, sur son blogue Gliglinews.fr

Il faut que je vous parle de Mélodie.

Lorsqu'on m'a annoncé ma rechute, j'ai eu une grosse déprime. J'avais délaissé ce blogue, sans toutefois le fermer, mais je n'y venais que rarement. Au jour le jour, en effet, je ne voyais pas ce qu'il y avait de pertinent en lien avec ma santé à venir raconter ici. En secouant mon blogue de sa torpeur, j'ai aussi revisité les anciens sites de combattants... pour constater que je restais seule sur la pise de course. Pascal, qui luttait avec son humour parfois douteux contre son cancer des os. Et Béatrice, la sympathique Marseillaise qui affrontait un cancer du sein. J'ai eu mal pour Béatrice parce que son type de cancer est, souvent, guérissable. Pascal, lui, était condamné dès le départ. Je me suis sentie seule.

Et je suis tombée sur Mélodie.

27 ans. Un oligodendrogliome de bas grade dans l'aire de Broca (ce que j'ai aussi)... muté brusquement, après deux ans, en glioblastome. Mon cauchemar. Elle avait débuté un blogue à l'annonce de son "nouveau" diagnostic. Un cas assez rare, puisque l'oligo mute normalement du grade 2 à 3 (puis 4). Il ne saute presque jamais du grade 2 au 4. 

Son dernier billet datait de janvier 2012. Dans les jours qui ont suivi, j'ai vu, à travers les commentaires, qu'elle était décédée quelque part en mars.

J'ai évité de fréquenter ce blogue. J'avais aussi découvert celui de Chantal, ainsi que son forum. Du côté des vivants, ça jasait fort. J'avais surtout besoin de me raccrocher à l'espoir. Je frisais d'ailleurs la dépression.

Mais récemment, je suis revenue à Mélodie.

Comme le blogue est inactif depuis un moment, il est envahi par des cookies plus ou moins malveillants. Mais avec de la patience, j'arrive à remonter dans le temps et à lire son récit. Elle est sympathique, donne des surnoms à ses médecins et son entourage. Elle fait des blagues. Bref, si on exclut le fait que son histoire se termine abruptement, c'est un chemin de vie inspirant.

Mais ce qu'il y a de très, très intéressant, c'est qu'elle relate ses deux opérations éveillées au cerveau. Parce qu'elle n'en a pas eu qu'une! Deux fois, elle est passée par là. Et elle n'a rien senti des "désagréments" que je crains, se disant profondément endormie à cette étape. Comme ce qui m'attend, elle avait des tests de langage et de motricité à passer tout au long du processus. Ce témoignage m'aide donc à me faire une idée de la chirurgie. Vous pouvez lire un de ses billets ici.

Il faut dire que j'ai également une correspondance "cachée", par courriel, avec d'autres personnes atteintes de tumeurs au cerveau, ou leurs proches. Dont une qui m'a aussi fait, à ma demande, un long et détaillé témoignage de sa chirurgie éveillée et de sa convalescence. Et un autre, Penouille, qui est devenu un ami de la "vraie" vie.

Mais le récit de Mélodie, ces jours-ci, trouve chez moi un public attentif.