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Qu’est-ce que la « normale », au fait ? Après un diagnostic comme le mien, après toutes les années qui ont passé, après les chimiothérapies, l’opération, la crise… Peut-on rentrer dans l’ancien moule ? Y avait-il un moule, au fait ?

Me revoilà à plein temps. J’ai quatre groupes, trois préparations différentes. Tous des cours que j’ai déjà donnés, heureusement. Mais ça me demande beaucoup de discipline, car j’ai l’esprit qui papillonne et dès que je suis fatiguée, dès que je laisse s’égarer mon regard par la fenêtre du bureau, je perds le fil. Je dois faire des listes. Toujours, toujours des listes. Pour mon arrivée au bureau le matin. Puis pour le contenu de mon cours. Ensuite pour ce que je dois faire en sortant de la classe. Puis pour ce qui sera à prévoir pour le lendemain. Puis les jours qui viennent...

Je coche des cases. Je fais des X sur les tâches faites. Ou je les repousse. J’en ajoute d’autres. J'ai même perfectionné l'art de la liste avec le "bullet journal", conseillé par Solange.

C’est la seule façon que j’ai trouvée pour ne pas laisser l’anxiété me paralyser totalement.

Cet après-midi, j’ai revu mon neuropsychiatre. Il a augmenté un peu mon antidépresseur, et cela aura sans doute un effet pour baisser mes pointes d’anxiété. Déjà que j’ai ressenti l’effet de ma nouvelle dose depuis notre première rencontre en septembre.

Mon médecin m’expliquait que dans les cas comme le mien, avec la maladie, on finit par avoir des montées d’anxiété à la veille de nos examens médicaux, puis, lorsqu’on est rassuré sur la stabilité, le stress retombe, pour remonter peu à peu, jusqu’à une nouvelle pointe lors du rendez-vous suivant. Il y a sans doute de cela dans mes montées d’anxiété. Mais je crois que c’est surtout de refaire face à la «vraie» vie de prof qui m’étouffe. Nous verrons si j’arrive à sortir la tête de l’eau dans les jours qui viennent.

J’avais revu ma neurochirurgienne en décembre, et elle m’a assuré de la stabilité de la tumeur. Pas de changement sur l’IRM. Même pas la gliose qui semblait vouloir augmenter. Alors j’ai pu «graduer» ! Je ne la reverrai que dans six mois. Il y a longtemps que je n’avais pas eu un tel «congé» médical! Bon. C’est vrai que j’ai vu le neurologue la semaine dernière, avec un suivi pour l’épilepsie. Et mon neuropsychiatre aujourd’hui. N’empêche.

Je me sens un peu libérée.

Alors je me replonge dans la préparation de mes cours !

(Oh! Et je ne vous ai pas parlé de notre nouveau chaton! J'y verrai sous peu. Il est trop mignon!)