Lunettes

Le travail à temps plein, c'est difficile.

Quatre groupes, trois préparations. Beaucoup de corrections. 

Beaucoup.

Sans compter l'encadrement des étudiants. Les réunions. La paperasse en tout genre.

Montées d'angoisse jusqu'à la limite de la crise. Insomnies. Caractère variable.

Or j'ai réalisé quelque chose récemment: j'ai la vue qui baisse. Au départ, c'était imperceptible. Mais il y a la fatigue. Je perds patience plus rapidement sur les copies. Corriger me prend deux fois plus de temps qu'avant... C'est aussi plusieurs détails dont on ne s'apperçoit pas. Le menu illisible au restaurant (sans doute la lumière tamisée, se dit-on). Les messages textes minuscules à déchiffrer sur le téléphone... Le journal à lire à bout de bras. Bref, je me suis acheté des "lunettes de grand-mère" à la pharmacie et, sans que ça ne règle tout (la fatigue est encore là!), ça m'aide! 

Espérons que les copies des neuf rapports de méthodologie seront plus agréables à aborder cette fois que lors de la première correction...

Disons cependant que c'est avec joie que j'entame la dixième semaine de cours. Enfin! Le deux-tiers du chemin parcouru!!!

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Vu la semaine dernière l'émouvante pièce Constellations, au théâtre du Trident. Mon amoureux, juste avant la représentation, m'a montré le nom de ma neurochirurgienne, qui apparaissait dans les remerciements... Eh bien on a vite compris pourquoi. La pièce évoque la vie d'un couple dans un "multivers" où les personnages naviguent entre diverses situations, sur le modèle des mathématiques quantiques. Dans quelques uns de ces univers, l'héroïne a une tumeur cérébrale qui affecte son expression, son langage, ce qui la fatigue. Tout en bouleversant son travail de chercheuse, sa vie. Et l'amène à réfléchir à l'éventualité de la mort. Yanick et moi on a pleuré. Mais beaucoup aimé la pièce.