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"Patiente trouvée inconsciente dans son auto", mentionne le rapport d'entrée à l'hôpital, l'après-midi du 29 octobre, anniversaire de ma mère.

De mon côté, le seul souvenir, c'est celui de policiers frappant dans ma fenêtre de voiture, me posant des questions incongrues, dont une sur la possibilité que je sois en coma diabétique. Je me souviens que je ne comprenais absolument pas ce que me voulaient ces policiers habillés en fluo. J'ai dû ouvrir ma portière, à leur demande. Et la suite, je n'en sais rien. Aucun souvenir de l'ambulance ni de mon arrivée à l'hôpital.

Le grand vide.

Peut-être vous étiez-vous rendu compte que je ne venais plus écrire souvent ici. Peut-être aviez-vous compris que j'étais fatiguée et que j'arrivais de peine et de misère à mener une vie "normale". Mais qu'est-ce qu'une vie normale?

Je prenais mes anticonvulsivants, avec leurs effets secondaires qui sont des idées noires persistantes. Je vois toujours ma psychologue, qui m'aide à y voir clair, même si ma psy aux grands yeux est partie en congé de maternité. J'ai été transférée à une autre, fort compétente aussi et en qui j'ai une totale confiance. Bref, j'avançais, mais sans avoir le temps de me reposer, de dormir l'après-midi. Pourtant, je venais de me sortir du "rush" de corrections de la session, et je me préparais à prendre ma vitesse de croisière jusqu'à Noël, envisageant néanmoins un arrêt de maladie avec ma médecin de famille pour cause de grande fatigue... Mais non. Il a fallu que je fasse une crise de convulsions toute seule, au volant de ma voiture. Au moins, je n'ai blessé personne (comment me serais-je pardonné?). 

Me voici en congé de maladie. Et j'ai perdu mon permis de conduire pour six mois.

J'ai été hospitalisée 72 heures. Inconsciente, puis je suis revenue à moi progressivement. IRM, EEG. Au moins je ne suis pas aussi courbaturée que lors de ma grande crise de 2015. Mais je suis restée avec une sensation de paralysie dans la lèvre inférieure. Comme si j'avais été piquée chez le dentiste. C'est désagréable, et ça modifie un peu ma façon de parler.

Je revois demain (lundi) ma Dre Lumière. Je reverrai aussi d'ici deux mois le neurologue pour mes anticonvulsivants. Et mardi je vois ma psychologue.

Au moins, je réalise à nouveau à quel point notre organisation familiale nous permet de rester unis et fonctionnels. Et mes pairs aidants, aussi! Mon cher Penouille, et Maguerite à qui j'ai parlé tout à l'heure au téléphone. Comment apprivoiser cette vie qui change?