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J'ai passé mon examen Doppler vendredi dernier. C'est assez curieux, d'ailleurs, comme examen. On ne voit "rien" (pour celles qui ont déjà passé une échographie lors d'une grossesse, c'est très différent du spectacle d'un petit fétus recroquevillé!). C'est tout gris, avec, parfois, des ronds noirs. Et franchement, j'avais l'impression de discerner des faces de monstres! (Regardez la photo, ne voyez-vous pas deux yeux, une sorte de figure étrange? Et ce n'est pas "mon" Doppler, simplement une image piquée sur le web et qui ressemble à ce que j'ai pu observer lors de l'examen...)

En fait, ce que le Doppler sert à vérifier, c'est la souplesse des veines. Moi, j'ai une veine bouchée, la veine basilique. Donc le rond noir (la veine) lorsqu'on appuie dessus avec la sonde, reste rond à l'écran. Car ma veine est indurée, elle reste dure. Les autres veines, elles, s'écrasent sous la sonde. Donc tout est beau. L'important était de voir si tout était resté stable et il semble que oui. Peut-être même est-ce mieux. Moi, je n'ai presque plus mal. La veine est resté dure et un peu douloureuse au toucher, mais rien de grave.

J'ai aussi revu ma médecin de famille hier. Je venais de la voir la semaine avant ma crise de convulsion. Depuis, j'avais égaré mes papiers pour mes prises de sang, et tout ce que je souhaitais, c'était de récupérer une copie de mes prescriptions. Mais elle a tenu à ce qu'on se revoit. Ça nous a permis de faire le point. On a parlé de ma phlébite et de mon Doppler, de mes prescriptions, mon nouvel anticonvulsivant, de la perspective d'une autre opération... Bref, on a fait le tour. J'irai me faire vacciner contre la grippe prochainement, elle m'a donné l'horaire des séances pour la ville de Québec. Et demain matin, j'irai faire faire mes prises de sang. 

Et puis j'ai vu ma psychologue ce matin, en ce début de tempête de neige. Je m'y suis même rendue en bus avec mon Amoureux, qui lui débarquait en route. Ce rendez-vous s'est beaucoup mieux passé que le précédent. Évidemment, je m'étais questionnée la semaine durant (encore) sur la source de mes anxiétés. Je n'ai pas mis le doigt sur toutes mes angoisses, mais j'ai cerné le travail (l'enseignement) comme en faisant partie. J'avais d'ailleurs gardé mon agenda de mes cours, notamment, dans mon cellulaire. (Ce que m'a déconseillé ma psy...) Chaque jour, je voyais les cours que j'aurais donnés, les examens, aussi. Je n'ai pas arrêté de penser à mes groupes. Même si je sais que la vie continue, que d'autres ont pris le relais et que la consigne est de me laisser me reposer, je m'ennuie. Et je me sens inutile.

Me sentir inutile.

Voilà sans doute le coeur de mon anxiété. Ma peur d'être écartée. Oubliée.

Alors ma psy m'a expliqué que la peur nourrit l'anxiété. Qu'elle nous fige et nous amène à procrastiner (ou à faire de l'évitement). Tandis que chaque peur est liée à un désir. Et c'est le désir qu'il faut cerner et tenter d'atteindre. 

Alors quel est mon désir? Me sentir utile. Reconnue? (Et encore, reconnue, qu'est-ce que ça veut dire?) J'ai parlé longuement de mes étudiants, du fait qu'ils comptent beaucoup pour moi, tandis que, pour la plupart d'entre eux, je n'ai que peu d'existence. Ils m'oublieront vite. Et est-ce grave? 

Quant à mes garçons, qui grandissent si bien, qui s'épanouissent, ont plein de projets... mon coeur de mère explose de bonheur. Ai-je un peu contribué à tout ça? Un peu, oui. L'abonnement "obligatoire" au théâtre, les cours de musique (fort recommandés), la lecture le soir ou même dans la voiture. Les visites de musées... quelques voyages. Oui, je pense que j'ai tenté de donner le maximum de culture à mes garçons. Alors oui, j'ai été "utile". Et eux ne m'oublieront pas.

Je sais qu'un jour, comme mes ancêtres dont les photos en noir et blanc ornent le mur du corridor, je ne serai qu'un souvenir. Une vieille photo. Mais d'ici là, j'ai encore du temps pour continuer à semer.