Léon et moi

Et voilà.

Mon deuxième et dernier coloc de chimio est décédé, hier. 

Ceux qui l'ont connu se souviendront de sa grande curiosité, de sa volonté pour sortir (mais comment cela, avec les quatre pattes dégriffées?), de sa façon pour venir nous souhaiter la bienvenue, de sauter sur nous et de se laisser flatter. C'était "le" boss. Celui qui intimidait même les chiens! En 2018, il a perdu sa coloc, Totoche, qui était tombée malade alors que j'étais, moi aussi, trop fatiguée pour m'apercevoir qu'elle avait perdu du poids, qu'elle n'était plus la chatte d'avant. Il avait quand même accepté le petit, Monsieur Séguin, adopté par Augustin. Trois beaux chats. Moins une. Remplacée par une autre, Douchka. Puis maintenant, c'est lui, notre beau Léon qui nous a quittés.

Mais je veux vous dire qu'il nous a quittés comme un chef. Chez nous. 

J'avais fait faire une prise de sang et une analyse d'urine, la semaine dernière. Et lorsque je suis passée chez le vétérinaire, j'ai vu l'annonce: Mon Vet à la maison. C'était une carte postale, collée sur le plexyglass, à la caisse. Je me suis dit, c'est ça que je veux. Que Léon reste chez lui. Pas de transport dans le grand froid. Alors que les odeurs changent. Les gens qu'il ne connait pas. En plus, avec la pandémie, j'aurais dû rester seule avec lui, pendant la procédure. Or, avec Mon Vet à la maison, c'est une tout autre histoire. Une belle histoire.

Le vétérinaire s'appelle Natacha Barrette, c'est elle qui a mis sur pied Mon Vet à la maison. Et son approche est vraiment aimante, respectueuse du deuil des gens. Elle est humaine.

Elle nous a expliqué comment allait se passer les étapes pour l'euthanasie. Mon Léon était devenu mince comme une feuille. Seuls ses beaux poils laissaient croire qu'il pesait plus que ses 6 lbs. Elle a expliqué la sédation. Puis ensuite l'injection du médicament qui vient faire cesser la respiration, et arrêter le coeur.

Je l'avais sur les genous, enroulé dans une serviette. La vétérinaire l'a piqué dans le muscle (ce qui en restait) et là, il a eu mal. Il s'est débattu, mais je l'ai gardé contre moi. Il a ensuite eu doucement les mouvements ralentis. Puis il s'est endormi. Mon beau Léon. Je le flattait. Sa belle tête. Les tentatives de la docteure ont été un peu compliquées. Léon n'allait plus très bien, fatigué des reins depuis les dernières années. Une patte, la veine éclate. L'autre patte, même chose. Alors il a fallu le piquer dans le rein. Et là, il s'est endormi plus encore, plongeant dans la mort. Mais calmement. J'ai senti qu'il a ronronné. Puis il a cessé de respirer. Puis il est mort.

La vétérinaire nous expliquait que dans son métier, les suicides sont trois fois plus élevés que la moyenne. Mais elle tente de rester vivante, de se rapprocher des humains. Elle est un peu un ange, qui vient tendre les bras aux animaux en fin de vie.

Nous étions toute la famille, mes parents, mon fils et Yanick. Et moi, avec notre Léon. Tous masqués, bien sûr. Avec la vétérinaire, toute douce. Aimante.

C'est sûr que je pleure encore mon Léon. Il restera un chat mémorable, avec toutes ses manies pour avoir l'attention. 

Quel âge avait-il? On nous avait dit deux ans, chez ACSA. Mais qu'en est-il pour vrai? Alors disons qu'il est né en 2005 (2004?) et est mort le 15 décembre 2020, à 11h47.

Je t'aimerai toujours, mon cher Léon. 

Toujours.

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