Soleil en tête

Une tumeur au cerveau et la vie qui continue! Diagnostic, infos médicales diverses, traitement, etc. Billets d'humeur au fil de ma thérapie.

29 octobre 2008

Suivi

« Même un an après la fin de votre chimiothérapie, c'est normal que vous soyez encore fatiguée. »


(Mon oncologue, lors de mon rendez-vous de suivi du 28 octobre)

À surveiller: ma prochaine résonance magnétique le 14 novembre, un suivi avec mon oncologue le 2 décembre où nous déterminerons si j'irai passer un autre TEP scan, question de vérifier le degré d'activité (ou d'inactivité, c'est à souhaiter) de ma tumeur.

J'ai remis un exemplaire dédicacé d'Enthéos à mon oncologue. Une pensée pour le remercier de prendre ainsi soin de moi. Ce qui nous a donné l'occasion de discuter un peu d'Euripide et d'auteurs anciens, réminescences du cours classique de mon médecin.


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23 décembre 2007

Pépin de dernière minute

Je suis aphone.

Presque complètement! J'ai perdu la voix jeudi soir, alors que je recevais quelques vieux amis à la maison. Une rencontre amicale avec mes compagnons d'un voyage en Espagne fait en 1991. Ouf! Le temps ayant passé, nous avions beaucoup de choses à nous dire!

Mais je couvais aussi un rhume depuis le début de la semaine. Et ce rhume s'est transformé en sinusite. Hier, alors que je prévoyais faire autre chose de mon temps (vous comprendrez qu'à deux jours de Noël, j'ai plein de choses à faire...) je me suis retrouvée au CLSC pour voir un médecin et avoir une prescription d'antibiotiques.

Bref, je suis malade, la tête douloureuse, la voix brisée...

Mais j'ai bon espoir que je guérirai un peu plus rapidement que lors de ma sinusite foudroyante du mois de mai dernier, celle qui m'avait clouée au lit pendant des jours.

C'est bête à dire, mais je me sens beaucoup plus moche à combattre cette sinusite que lorsque je subissais ma chimiothérapie. En fait, le Temodal, ce n'est rien à côté des sinus douloureux et de la toux creuse.

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21 octobre 2007

Le retour de l'énergie

Soleil_espoirAh! Enfin, je constate le changement!

Les jours passent, le Temodal n'est plus qu'un souvenir... et il semble bien que mon sang s'en nettoie. Du moins, je commence réellement à me sentir mieux. Vraiment mieux. Comme si je retrouvais mon corps plus nerveux, plus agile, mes réflexes décuplés. Quant à mes idées, elles m'apparaissent plus claires (même si je continue à avoir des difficultés de langage: je cherche souvent mes mots, en particulier quand j'enseigne). Mais avec toute cette énergie, je suis de meilleure humeur.

Une autre semaine s'annonce. Bien remplie, comme les précédentes. On se souviendra que j'ai une charge d'enseignement un peu plus élevée qu'un temps plein normal... et ça paraît sur ma qualité de vie. Mais loin de moi l'idée de me plaindre. Je fais ce que j'aime, non?

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17 septembre 2007

Compte à rebours: 19 jours

Déjà deux prises de Temodal. Il ne me reste que 19 doses et je pourrai enfin retrouver ma vitalité, sans affronter constamment les pannes d'énergie.

Évidemment, envisager la fin me donne encore plus de force pour passer à travers ces quelques jours de malaises et de fatigue. Tout cela arrive à sa fin et je m'en réjouis.

Samedi, en allant chercher mes médicaments à la pharmacie, j'ai annoncé à ma gentille pharmacienne que j'entamais mon dernier mois de chimiothérapie. Elle s'est montrée très heureuse pour moi, m'a demandé des nouvelles et m'a encouragée. C'est une soie.

Je commence ma semaine un peu barbouillée. Mon système digestif a toujours du mal à se faire au Temodal... Mais bon. Ça achève!

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12 septembre 2007

Bouffée d'énergie

peachfruithalfCette pause me fait un bien fou!

Je me sens pleine d'énergie, je suis de bonne humeur... et je constate que, très bientôt, je serai redevenue la femme que j'avais l'habitude d'être. Quand la chimiothérapie sera véritablement terminée, cet état que je retrouve pendant quelques jours de pause chaque mois sera enfin mon état normal. Et cette perspective me rend vraiment joyeuse.

Je profite donc de ma belle énergie cette semaine pour remettre un peu les choses sur les rails. Je suis à jour dans mes corrections au collège, j'ai fait de la popote, j'ai passé du temps avec mon Grand pour l'accompagner dans une recherche pour l'école, je lis du Harry Potter le soir aux garçons, j'ai terminé un autre roman pour mon Défi littéraire, j'ai quelques réunions au programme, j'ai été à mon premier cours d'astronomie (un loisir dont je vous reparlerai sans doute!), j'ai accepté un nouveau projet de critique littéraire avec Carole, et je m'apprête à remettre la version recorrigée de mon roman à mon "peut-être-futur-éditeur"... Je ne chôme pas.

Ce qui m'aide aussi à tenir ce rythme, c'est, en plus d'un moral radieux, de bonnes nuits de sommeil. Je dors bien, je me repose (ne vous inquiétez donc pas pour moi!). Pas de surmenage en vue.

Évidemment, ça me déprime un peu de me dire que la chimio recommence samedi prochain. Mais bon. C'est un dernier coup à donner!

Illustration: C'est une expression toute française que d' "avoir la pêche", mais c'est bien ce que je ressens! En plus, les mois d'août et septembre voient arriver au marché ces excellents fruits dont je raffole. Mmmm! Les pêches, quand elles sont en saison, n'ont pas leur pareille! Elles accompagnent bien mon autre plaisir d'automne: le raisin bleu!

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29 août 2007

11e cycle, 10e journée de Temodal...

Aujourd'hui, c'était ma première "mauvaise" journée combinée à l'enseignement. Dès mon lever, des tremblements dans les jambes et les bras m'ont avertie que ma machine montrait des signes de fatigue. Mais je me suis mise le bras dans l'engrenage. Je ne peux pas reculer... Tout ce que je peux faire, c'est prendre les choses plus tranquillement. Ne pas me stresser.

Je suis donc restée couchée jusqu'à la dernière minute ce matin. Ma mère est venue me reconduire au travail pour m'éviter de conduire. Au collège, j'ai avertie mes étudiants que je ne tenais pas la forme. Durant mes cours, j'ai fait attention pour ne pas rester inutilement debout.

Finalement, ça s'est bien passé. Ma fatigue est demeurée présente toute la journée, surtout que je voyais deux groupes aujourd'hui. Mais au moins, mon cas ne s'est pas aggravé. J'ai maintenu mon rythme "molo".

Et je suis passée à travers cette grosse journée sans trop de mal.

Mais je pense que je vais me coucher très tôt ce soir!

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28 juillet 2007

Humidité, chaleur et... chimio

VentilateurPas facile la chimiothérapie quand il fait chaud et humide!

Je dois dire que, depuis hier, la température ne m'aide pas beaucoup. J'ai les pieds enflés, les jambes lourdes et douloureuses... Et toutes les tâches ménagères deviennent soudainement des montagnes!

Déjà qu'en pleine forme, moi et la chaleur (ou plutôt, moi et l'humidité) ne faisons pas bon ménage. Mais avec la chimio par dessus le marché, alors là! J'aurais envie de m'écraser... Et encore! Mon lit ne m'est pas particulièrement accueillant: j'ai l'impression de coller à mes draps.

Au moins, avec un ventilateur, on réussit à se donner l'impression que l'air bouge. Une imitation de vent frais. Mais mes pauvres jambes, elles, auraient besoin d'une vague de fraîcheur!

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06 juillet 2007

Vacances et chimio

Comment ça se passe un voyage à l'extérieur quand on suit en même temps des traitements de chimiothérapie?

Dans mon cas, pas si mal. Mais il faut que vous sachiez que le facteur le plus fatiguant de mon escapade abitibienne a été le voyage lui-même: le trajet en voiture, pendant plusieurs heures d'affilée.

Sinon, eh bien... J'ai été assise à table, assise à un spectacle, assise en voiture, assise sur un bateau, assise sur le bord d'une piscine, assise autour d'un feu de camp... Assise, donc, la plupart du temps.

Ok: je me suis levée pour pêcher, je me suis même baignée... oh! une bonne demi-heure! Mais je n'ai pas entrepris de grandes balades en forêt, aucune activité vraiment physique qui aurait pu me fatiguer. Et on n'a même pas campé: nous étions reçus chez mon oncle et ma tante. J'ai donc passé des nuits presque normales, en dehors du fait que dormir ailleurs n'est jamais totalement comme dormir chez soi... Surtout que, même chez moi, je ne dors pas toujours bien!

On peut donc dire que j'ai bien profité de mes vacances en Abitibi et que la chimio n'a pas interféré.

Maintenant, au programme, démêler mon dossier avec l'Assurance emploi où tout est encore bloqué... C'est vraiment très compliqué de comprendre que j'ai mis fin plus tôt à mon congé de maladie.

Et lundi prochain, le 9 juillet, je vois mon neurochirurgien qui fera avec moi le point sur la situation en regard des résultats de ma dernière résonance magnétique.

Ah! Oui. J'ai signé hier mon contrat avec le cégep pour l'automne. On me promettait un temps plein et j'ai signé pour du temps partiel... Mais vous savez quoi? Rien ne m'étonne plus, dans mon dossier!

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19 juin 2007

Outrepasser ses limites

Gaston_non_aux_cadencesDans mon dernier message, j'ai évoqué l'importance de mettre ses limites par respect pour soi et dans le but, par la suite, de mieux être disponible pour les autres. Mais il se trouve que mettre ses limites peut être difficile. Hier, j'en ai eu un bel exemple. Un exemple dont je me serais bien passé et qui m'a placée dans une situation embarrassante.

En fait, en me levant hier matin, j'étais fatiguée. Pas exténuée. Juste endormie. Je me suis dit qu'avec un bon café et en déjeunant, en me préparant pour aller au boulot, les choses rentreraient dans l'ordre. Bien sûr, au son du radio-réveil, j'avais joué mentalement avec l'idée de ne pas rentrer travailler et de dormir encore... Mais j'avais pris cette envie pour de la paresse.

Rentrée au travail, j'ai continué à ressentir cette fatigue. J'avais du mal à rester concentrée sur mes copies. Je devais relire plusieurs fois une phrase pour la comprendre. Dès que les mots étaient lus, je les oubliais immédiatement. J'ai repris un café...

À la pause de 10h15, en me levant de ma chaise, je me suis rendu compte que j'avais du mal à lever les pieds. Ce n'était plus une fatigue normale... C'était la grande fatigue de chimio! Oh, non! J'ai un peu paniqué intérieurement. J'étais trop faible pour penser rentrer chez moi en autobus ou en taxi. J'ai appelé au bureau de ma mère pour voir si elle pouvait venir me chercher. Elle s'est libérée et s'est envenue dans les minutes qui ont suivi.

L'endroit où je travaille est au septième étage d'un immeuble à bureaux. Il me fallait redescendre en ascenseur... J'ai annoncé à ma superviseur que ça n'allait pas du tout et que je partais. Elle m'a demandé si j'avais besoin d'aide. J'ai accepté qu'elle m'accompagne. J'étais chancelante, mes jambes me portaient à peine. Même pour attendre l'ascenseur, j'étais incapable de rester debout. Elle m'a amené une chaise.

En bas, dans le hall, elle est restée avec moi jusqu'à l'arrivée de maman. J'avais un peu de mal à retenir mes larmes. Je me sentais humiliée. Même si ma superviseur ou mes coéquipiers sont d'une grande gentillesse et qu'ils comprennent ce que je vis, je m'en voulais de m'être placée en situation de faiblesse au vu et au su de gens qui ne me sont pas intimes. Si j'avais écouté les signes hier matin, je me serai épargnée cette exhibition honteuse.

J'ai fini par aboutir chez ma soeur qui prépare son déménagement. Maman ne voulait pas que je sois seule chez moi, sans personne pour me venir en aide au besoin. J'ai donc dormi sur le lit de ma soeur, pratiquement incapable de faire quoi que ce soit d'autre de la journée.

Aujourd'hui, je reste à la maison pour continuer à me reposer. Mes jambes sont encore flageolantes. Je m'essouffle vite. Je vais donc prendre ça tranquillement... Mais ce qui me chicotte, c'est que j'en suis à ma deuxième journée SANS Temodal. Normalement, ce sont de bonnes journées où mon énergie revient. Il faut croire que l'accumulation des mois se fait peut-être sentir.

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28 mai 2007

Ça continue...

Mes antibiotiques ont montré en fin de semaine la limite de leurs capacités... Ce matin, comme convenu avec ma docteure, je l'ai rappelée pour prendre un rendez-vous avec elle pour un suivi.

J'ai donc perdu un autre après-midi de travail (je dois vraiment rester zen), j'ai passé des radiographies des sinus dans un clinique privée pas trop loin de chez moi pour finir à la pharmacie chercher de nouveaux antibiotiques plus forts. Le seul hic, c'est que je ne dois pas prendre de produits laitiers avec ce médicament.

Je suis un peu découragée du temps que je mets à me remettre sur pieds. Cette sinusite est en train de monopoliser mon énergie alors que c'est ma tumeur qui devrait être au centre de mes préoccupations... Je prends des quantités de médicaments qui me semblent phénoménales, moi qui prenais à peine du Tylenol de temps en temps. J'ai l'impression que je passe mon temps à ingérer des comprimés ou à me faire des vaporisations nasales...

J'ai recommencé hier soir un nouveau cycle de Temodal. Le 8e.

Je passe une IRM le 4 juin et, dans les jours qui suivront, j'aurai enfin une bonne idée de l'efficacité de la chimiothérapie sur ma tumeur.

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