Soleil en tête

19 novembre 2014

Une journée neuropsychologique…

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J’avais ma rencontre avec la neuropsychologue hier à l’hôpital suivie de ma résonance fonctionnelle. Ma mère m’accompagnait et a pu assister à l’entretien.

La neuropsychologue est une femme vive et chaleureuse. Elle travaille en étroite collaboration avec ma neurochirurgienne lors des chirurgies éveillées. Et m’a bien expliqué comment se passerait mon opération . Mais d’abord, il a fallu revoir mon histoire depuis « le début » car il y avait longtemps que je n’avais pas été vue en neuropsycho et que mon dossier était incomplet. J’ai résumé le tout (mes changements de médecins, notamment). Nous avons aussi parlé de mon possible TDAH et, alors que je croyais que c’était secondaire, il est apparu que ça pouvait au contraire venir interférer. Par exemple, m’embrouiller dans mes phrases, lorsque je parle dans le « feu de l’action » quand je suis en classe ou dans une discussion enflammée, peut être dû à mon trouble d’attention, mon hyperactivité mentale, et non à l’aggravation de ma tumeur. Et puis j’ai soulevé un  souci assez récent : je m’étouffe souvent avec de la nourriture ou des liquides. Et ça, selon elle, c’est à surveiller.

D’autre part, j’ai su qu’il restait encore une incertitude concernant la chirurgie : il se peut que je sois endormie. Cela dépendra de l’emplacement de ma zone de langage. En effet, si l’espace entre cette zone et la tumeur le permet, on m'endormirait. Toutefois, avec toute l’information que la neuropsy a en main et ce dont nous avons discuté dans son bureau, tout porte à croire que je serai éveillée. Moi, tout ce que je souhaite, c’est d’être dans les meilleures conditions possibles pour qu’il y ait le minimum d’impact sur mes capacités langagières.

La rencontre avait toutefois un but essentiel : m'expliquer en quoi allaient consister les exercices pour la résonance. Il y en avait de quatre types. D’abord des images à identifier, ensuite des catégories (par exemple, avec le mot « fruits », énoncer mentalement autant de noms de fruits possible). Ensuite, les lettres : trouver le maximum de mots débutant par la lettre affichée. Puis des verbes. Cette fois, il me fallait trouver des mots en lien avec le verbe (exemple, avec « pédaler » : vélo, route, casque…) Mais surtout, SURTOUT… entre tous ces enchaînements, il me fallait arrêter de penser quand on affichait le symbole «+».

En terminant, elle m'a fait pratiquer deux autres exercices liés à la motricité de ma bouche. Un exercice de « bisous » et un déplacement rapide de ma langue sur mes dents d’en avant.

Et puis j’ai été passer ma résonance avec une technicienne qui me résumait l’essentiel des consignes pour chaque exercice.

Eh bien, je vous avoue avoir eu du mal avec ces exercices. J’ai trouvé mon esprit beaucoup moins délié que lors de ma première expérience. Des mots qui commencent par "T"? euh? Toto, tutu, titi, tata... Je désespérais... Les moments où je devais vider mon esprit relevaient du défi. À quelques reprises, la technicienne m’a rappelé l’importance de faire le vide : « On voit beaucoup d’activité, madame », m’a-t-elle avertie.

Bon. Au moins, il y a de l’activité dans cette caboche! Maintenant, voyons ce que ça dira pour la suite et le choix de m’opérer éveillée ou non.

Prochaine balise : 4 décembre. Rendez-vous avec ma neurochirurgienne.

 

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11 novembre 2014

Nouvelle adresse: ma catharsis

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Je regarde peu la télévision. Chaque saison, toutefois, je reste à l’affut des critiques des séries qui sortent au petit écran. Quand les thèmes m’intéressent, je regarde un ou deux épisodes. J’évalue si ça vaut le coup. Souvent, j’abandonne en cours de route, préférant mettre mon temps ailleurs.

Cet automne, c’est la série Nouvelle adresse qui, bien accueillie des critiques, m’a happée. Ainsi, le lundi soir, je suis les aventures de Nathalie Lapointe aux prises avec la récidive de son cancer du rein. Elle a mon âge. Une carrière, des enfants de l’âge des miens. Deux frères et une sœur aux personnalités hautes en couleur. Et des parents qui l’aiment.

À bien des égards, cette vie pourrait être la mienne.

Plusieurs m’ont d'ailleurs demandé comment je réagissais. Si ça ne me « brassait » pas trop. Eh non. Car c’est pour moi une façon de transposer une réalité difficile à l’extérieur de moi. Une catharsis. J’aime suivre les aventures de Nathalie Lapointe parce que, justement, ce ne sont pas les miennes. Ça y ressemble. Mais ça s’en distancie totalement.

Nouvelle adresse reçoit d’excellentes critiques, et je m’en réjouis. Pourtant, dimanche le 2 novembre, les trois comédiennes principales étaient sur le plateau de Tout le monde en parle pour mousser la série qui ne rejoint « que » 750 000 téléspectateurs chaque semaine, en deçà de ce que vont chercher Unité 9 ou Mémoires vives. Et ça m’a surprise.

J’écoutais Macha Grenon, Macha Limonchik et Monia Chokri discuter du tournage et de la difficulté de jouer autour du thème du cancer, notamment quand celui-ci touche leurs proches. Et je me questionnais, moi, sur les raisons qui font que les gens n’aient pas envie de suivre une émission qui explore ce sujet comme moteur de fiction.

Pourquoi cette réserve ? Parce que derrière le cancer se cache une réalité trop proche, trop connue ? Que derrière le mot cancer se profile LE mot tabou : la mort ? Pas celle abracadabrante de victimes d’un polar, mais la nôtre, celle que l’on conçoit théoriquement, mais qu’on essaie d’oublier ? Cachée quelque part dans la routine du quotidien. Dans l’enchaînement des jours. Des mois. 

Peut-être.

Il reste qu'ils passent à côté d’une série intelligente, sensible et magnifiquement tournée. Avec une lenteur et une lumière rarement exploitées à la télévision.

En ce qui mon concerne, c’est ma catharsis du lundi soir!

**

La bande annonce, ici.

 

Posté par Julie GravelR à 16:27 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

06 novembre 2014

IRM et précisions en vue de l'opération

Dessin Hopital

Aujourd'hui avait lieu la première des deux IRM qui me mènent vers ma chirurgie. C'était une "longue" résonance d'environ une heure, avec perfusion et spectroscopie

Je me mets progressivement à grapiller de l'information auprès de gens qui ont vécu une chirurgie au cerveau éveillé, et la semaine dernière, je me suis dit que ce n'était peut-être pas une mauvaise idée de parler avec mon infirmière pivot. Ne serait-ce que pour avoir quelques informations de plus, me faire un portrait de ce qui s'en vient pour moi, même si, évidemment, chaque cas est unique. Or mon infirmière attitrée est absente jusqu'au 10 novembre, mentionnant sur son répondeur que les messages ne seraient pas relevés. J'allais donc patienter jusqu'au 18, me disant que ma neuropsychologue pourrait, elle, m'expliquer le déroulement de l'opération. Mais il y a deux infirmières pivot en neuro-oncologie à mon hôpital, et un ami suivi lui aussi pour une tumeur au cerveau (on en fait, de belles rencontres, à travers la maladie!) m'a donné les coordonnées de "la sienne". Je l'ai appelée hier et, n'ayant pas réussi à me joindre sur mon cellulaire... elle m'a alors laissé un message à la radiologie. Ainsi, quand j'ai eu terminé mon examen, la technicienne m'a tendu un papier: l'infirmière pivot me disait que je pouvais passer la voir à son bureau.

Il n'a suffit que de quelques minutes. En fait, mes questions concernaient essentiellement l'organisation du calendrier. Je voulais être bien certaine de ne pas être coincée dans ma fin de session ou encore me préparer à une opération dans le temps des fêtes. L'infirmière n'a fait ni une ni deux: elle a joint ma neurochirurgienne (!) et lui a demandé, directement, quand elle prévoyait mon opération.

Janvier.

Ok. Une chose de réglée. 

Maintenant, tout le "reste": la préparation (oui, je dormirai la veille à l'hôpital), l'hospitalisation (3 jours), le suivi en orthophonie ou en physiothérapie, l'arrêt de maladie (3 mois minimum). L'opération: je serai endormie pour l'ouverture et la fermeture du crâne, éveillée pour l'opération en tant que telle. Ça, c'est ce qui est "la norme", dans une situation qui en soi est hors norme. Car les opérations au cerveau éveillé sont occasionnelles.

Voilà. 

À travers tout ça, ma session se passe bien. J'arrive au moment où mes étudiants de méthodologie sont en collecte de données et où l'essentiel de la matière est vue. Il s'agit maintenant d'encadrer les équipes. Je veux mettre en ligne prochainement un site web pour diffuser l'information recueillie par chacune des équipes. Le thème de l'héritage gréco-romain génère beaucoup de belles découvertes! Sinon, mon petit groupe d'Égypte des pharaons et celui de Civilisations de l'Antiquité se portent bien et se montrent patients quand je cherche mes mots ou perds totalement le fil de mes idées. S'ils rient parfois, ce n'est jamais (j'ose l'espérer!), par méchanceté. 

Le retour à l'heure normale accentue l'impression que l'hiver vient. Ce sera pour moi un hiver rude, mais je me sais bien entourée et je dirais que mon moral est assez bon.

Oh! Le Salon du Livre de Montréal s'en vient, et j'y serai!

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07 octobre 2014

Un peu de nouvelles: l'IRM fonctionnelle

Agenda

La vie suit son cours, ma vie de prof bien remplie se passe bien, avec son lot de dossiers à gérer mais où je trouve tant de satisfaction et de plaisir. Ce tourbillon quotidien arrive parfois à me faire oublier l'enchaînement inexorable des jours qui me mènent à ma chirurgie. 

J'étais dans l'attente d'un appel pour fixer mon rendez-vous de résonance fonctionnelle et le téléphone a sonné tout à l'heure. La dame au bout du fil m'a expliqué qu'il fallait que je me déplace deux fois. D'abord pour une résonance "tête-perfusion" (ce qui, pour moi, signifie une IRM "normale"). Ensuite, pour la résonance fonctionnelle à proprement parler. Celle-ci sera précédée d'une rencontre d'une heure avec une neuropsychologue. Et après, je passerai la résonance fonctionnelle. On m'a dit de prévoir un bon trois heures à l'hôpital.

Je ne dirais pas que j'aie hâte, mais je suis soulagée de voir venir cet examen capital pour la suite des choses. Dans l'attente depuis le 30 juillet, ça me semble toujours un peu long, ces périodes "entre deux chaises".

Évidemment, échaudée par mes mésaventures au pays de la chronologie en juillet, j'ai soigneusement inscrit à mon agenda la date du 6 novembre (IRM) et celle du 18 novembre (neuropsy+IRM fonctionnelle). J'ai programmé deux alarmes (pour m'avertir deux jours avant, ensuite deux heures avant) sur les deux événements dans mon iPhone. C'est aussi écrit avec du fluo dans mon agenda papier, et bien en vue également sur le calendrier familial dans la cuisine. Mon amoureux et ma mère en prennent note aussi. 

Je ne passerai pas à côté. 

Oh non.

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06 septembre 2014

Le clan

© Naama, Flickr, cc by sa 2.0

Matin humide et brumeux. Course avec mon amoureux au parc du Bois-de-Coulonge. L'odeur mouillée des arbres, de l'herbe. Mes idées qui filent alors que, mi-consciente de mon corps et de mes pensées, je flotte dans un entre-deux rêveur.

Dans l'herbe gorgée d'eau, des écureuils bondissants. Mais aussi des corneilles, noires et jacassantes. Fouillant la terre de leur bec puissant, posant leur regard vif sur les coureurs que nous sommes. Rarement seules, les corneilles. Elles vivent en bande. En groupe familiaux. 

Mon regard s'accroche à l'une d'elle. Blessée, difforme. Dans son cou, des bosses. Je cours. Je pense à la corneille. J'en glisse un mot à mon amoureux. Que lui est-il arrivé? Une morsure d'animal? Une bataille, un coup de bec rageur d'une rivale? Une infection... une maladie. Un cancer, même.

Je fais un tour. Revois les oiseaux. Un autre tour, le clan s'est déplacé, mais je le distingue, car la corneille blessée est bien visible, avec ses comparses. Elles sont quatre. L'automne vient. L'une d'elle ne passera probalement pas l'hiver.

Je refais un tour. Les minutes s'égrennent. Je cours. Dans mes pensées. J'ai un peu de peine pour cette corneille au cou meurtri. Mais c'est la vie. Triste, injuste. Tranchante. Cruelle.

Belle, aussi. 

Il y a le clan. Il y a la solidarité. Tant qu'elles le pourront, les corneilles saines veilleront sur leur soeur malade. Prolongeant sans doute sa vie. Sa simple vie de corneille.

Sur le chemin du retour, vers la maison, l'image du cou bosselé de l'oiseau m'est entrée dans le coeur. J'ai ravalé mes larmes, la gorge serrée. Parce que l'image, soudainement, se superposais en moi. Je suis une corneille malade. 

Et c'est mon clan qui veille sur moi.

Mais l'automne approche. Et je ne sais pas si je passerai l'hiver. 

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02 septembre 2014

Conférence de la chaire publique de l'AELIÉS

Je porte à votre attention un vidéo récemment publié sur Youtube, mais qui remonte à janvier dernier. Il s'agit d'une conférence intitulée Cancer, Parkinson, Alzheimer: les avancées de la médecine donnée à l'Université Laval par la Chaire publique de l'Association des étudiants et étudiantes de Laval inscrits aux Études supérieures (AELIÉS).

Le comédien Benoît Cliche y parle de son expérience avec le glioblastome, et la chercheuse Siham Sabri présente le traitement actuel de ce cancer. Les 22 premières minutes traitent précisément du cancer du cerveau, ensuite, il est question de la maladie d'Alzheimer et du Parkinson.

Conférence Chaire publique Médecine du cerveau

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26 août 2014

Ma vie de prof: la démarche de Simon Bertrand

Dans la foulée de ma réflexion et du thème de la recherche que j'ai donnée à faire à mes étudiants de méthodologie cette session-ci, je porte à votre attention la démarche artistique de Simon Bertrand. L'artiste, qui est actuellement à Charlevoix pour le symposium international d'art contemporain, retranscrit à la main les grands textes fondateurs de la pensée occidentale, dont plusieurs oeuvres gréco-romaines.

Une courte capsule a été créée par La Fabrique culturelle et peut être visionnée ici.

Une vision fort intéressante de l'héritage gréco-romain!

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Posté par Julie GravelR à 11:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

25 août 2014

Ma vie de prof: l'héritage gréco-romain

 

Tête femme Capitole

"Qu’est-ce qu’un héritage ?", ai-je demandé aujourd’hui à mes étudiants de méthodologie en ce premier cours, alors que je leur présentais la thématique choisie pour les faire explorer ce domaine que j’aime tant, le monde gréco-romain.

- C’est quelque chose que l’on reçoit.

- Ok, mais à quelle occasion ?

- Euh. Quand quelqu’un meurt." 

Oui, voilà. Un héritage, c’est ce qui reste après la disparition d'une personne.

Ça peut être de l’argent, bien entendu. Ou un bien, comme une maison, des meubles. Ça peut aussi être des traditions. La recette de tarte aux pommes de grand-maman, passée aux enfants, aux petits-enfants. Un héritage, c’est la trace d’un passage en ce monde.

Je ne sais pas trop ce qui m’a séduite au point de consacrer ma vie aux humanités gréco-romaines quand est venu pour moi le choix d’une discipline à l’université. Je souhaitais enseigner, mais plusieurs voies m’étaient ouvertes. Dans les années 90, déjà, le sujet n’avait plus la faveur du système d’éducation et les quelques dizaines d’étudiants en première année bac se sont, pour beaucoup, réorientés. Mais si parfois il m’arrive de douter de mon choix, je sais que ce domaine est riche et passionnant. Pourtant, il est moribond, exclus de presque tout le cursus scolaire des jeunes ou si édulcoré qu’on ne le reconnaît plus. Et, régulièrement, lors de refontes en éducation, ces reliquats sont remis en question. 

À quoi servent en effet la philosophie, l’étude des langues mortes, l’histoire, la géographie, la littérature, la poésie, la rhétorique ? Toute la sagesse des anciens, leur enseignement qui nous aidait à appréhender notre propre univers, si semblable, après tout, au leur ?

Pourquoi, dans notre monde régi par l’entreprenariat, la performance et le profit se préoccuper d’un passé révolu ? Héritiers sans mémoire que nous sommes devenus.

Pourquoi ?

Eh bien, j’ai mis mes étudiants au travail pour le cours d’initiation pratique à la méthodologie des sciences humaines. À eux de découvrir (ou redécouvrir) cet héritage. Et moi qui enseigne si peu les humanités dans le cadre de ma vie de prof, j’arriverai peut-être à leur transmettre un peu de cet héritage que je porte en moi, qui m’anime. Cette passion pour l’être humain, cet éternel émerveillement perpétué dans notre culture occidentale pendant des siècles et que je refuse de laisser mourir.

Je suis à un tournant où, après m’être beaucoup questionnée sur ce que j’avais fait ou voulais faire de ma vie, j’en arrive à me demander ce que je laisserai derrière moi. Modeste héritage, sans doute. Je n’ai pas d’illusion sur mon rayonnement. Mais j’aurai au moins fait en sorte de préserver le feu de la lampe, en espérant que d’autres sauront aussi le faire. Et que ce feu, allumé dans d’autres cœurs, d’autres esprits, survivra encore longtemps.

Allez. C’est la rentrée, c’est ce grand recommencement que j’aime tant. Et je vous invite à suivre cette session-ci mes aventures de prof de métho dans le défi que je me suis donné de revisiter l’héritage gréco-romain avec mes étudiants. J’en fais même une catégorie à part sur ce blogue : Héritage gréco-romain.

 

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14 août 2014

Une tumeur au cerveau et en rire? Pourquoi pas.

Vivre avec une tumeur au cerveau, ce n'est pas facile, mais il faut aussi savoir en rire... Ou du moins, y faire face avec un certain humour.

Je ne connaissais pas vraiment la série "En audition avec Simon", mais hier, une copine m'a envoyé cette vidéo qui a été abondamment relayée dans les médias sociaux. Elle met en scène un comédien, Benoît Cliche, lui aussi atteint d'une tumeur au cerveau et dont l'espérance de vie est mince. Pourquoi alors ne pas réaliser son rêve de jouer une capsule avec Simon? Et pourquoi ne pas en profiter pour faire la promotion de la Société canadienne du cancer?

Si j'ai d'abord eu du mal avec le ton grinçant du clip, c'est qu'au départ, je n'avais pas saisi l'esprit décapant de Simon-Olivier Fecteau. Maintenant, je découvre son travail... et je me paie de bons fous rires!

EN AUDITION AVEC SIMON - BENOÎT CLICHE

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04 août 2014

Contrôler le calendrier

Decembre

Nous contrôlons peu de choses dans la vie. Bien peu. En fait, même ce que nous croyons contrôler n’est parfois que vaine illusion. Une façon de nous conforter, de nous faire supporter l’insupportable. Trouver l’équilibre dans un monde précaire, à la limite du chaos.

Comme tant d’autres, je vis ma vie en funambule sur un fil. Peut-être avec un peu plus de lucidité, avec la mort qui rôde. Avec cette chose dans ma tête qui a un nom, une réalité. Mais je me berce aussi d’illusions, au jour le jour. Me laissant aveugler par le quotidien, le train-train. Et je me disperse dans mille et une choses à faire. Oublieuse de l’échéance.

Or voilà que l’échéance arrive. Et que cette fois, il me faut la regarder en face. La chirurgie inévitable. Imminente.

Lors de notre dernier entretien, ma neurochirurgienne a été droit au but. En insistant sur notre atout central : contrôler le calendrier.

Contrôler le calendrier, ça veut dire voir venir. Me préparer. Organiser le quotidien, les papiers. Envisager ma session sereinement en planifiant mes dossiers administratifs pour insérer l’opération et la convalescence à travers l’année scolaire.

Pas de surprise. C’est ça, le luxe de contrôler le calendrier.

Contrairement à bien des gens atteints d’une tumeur au cerveau comme la mienne, je n’aurai pas à être happée par le hasard. La crise d’épilepsie qui déclenche tout le reste et qui bouleverse l’existence. À l’image de cette opération qui se fera réveillée, je suis en contrôle.

Pourtant, je me sens misérable. 

Et je ne contrôle rien, sinon ce temps. Ce précieux temps.

Posté par Julie GravelR à 10:47 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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