Soleil en tête

24 mai 2013

Cancer transitions #6: aller au-delà du traitement

6e séance de Cancer transitions mercredi. Dernière rencontre du programme, même si nous nous reverrons pour une relance dans trois semaines. On bouclait la boucle, si on veut.

Avec la pluie, notre demi-heure d'exercices de mise en forme avec le kinésithérapeute a eu lieu à l'intérieur. Curieusement, la série d'exercices proposés a été plus difficile physiquement que lors de nos sorties au parc. Ouch les muscles!

Nous avons ensuite enchaîné avec nos deux intervenantes, psychologue et travailleuse sociale, pour faire le retour sur la dernière semaine (chacun, à tour de rôle, nous résumons notre semaine sur le plan de notre santé physique et émotive). Nous nous connaissons mieux, maintenant. Sans être devenus des amis, nous avons développé une belle synergie. Le sort de chacun nous préoccupe. "As-tu pu parler à ton infirmière pivot?", "Comment envisages-tu le retour au travail?", "Reprends-tu tes activités physiques comme avant?"... Bref, on suit ce qui arrive à nos compagnons. On se soutient.

Le sujet abordé pour cette dernière séance portait essentiellement sur le suivi de notre dossier médical. Un sujet dont j'avais déjà parlé en ces pages. Ce n'est pas tout le monde qui sait comment aller aux archives et faire sortir une copie de son dossier. Et ça peut être utile de l'avoir, notamment lorsqu'on est ensuite suivi par notre médecin de famille qui n'a pas nécessairement un contact fluide avec nos médecins spécialistes. 

Et puis nous sommes revenus sur l'énorme sujet que sont nos émotions, abordé à la troisième séance, mais pour lequel nous n'avions pas eu assez de temps. Nous avons parlé notamment de notre réaction à la fin des traitements. 

En ce qui me concerne, quand mon oncologue m'a annoncé la fin de ma chimio, cette fois-ci, au lieu d'en faire une fête, j'en ai été déstabilisée. Je ne le voyais pas venir. Et en plus, cette annonce a été combinée avec une autre aussi (sinon plus) déstabilisante qu'il allait prendre sa retraite. Je me revois, aggrippée à ma liste de questions, hagarde, dans le bureau 8. Non. Cette fois-ci, la fin des traitements, je l'ai vécu comme un grand saut dans le vide. Et les semaines, les mois qui ont suivi m'ont semblé une errance dans un no man's land.

Un autre tour de table: quelle a été notre appréciation de l'expérience Cancer transitions? Y avons-nous trouvé ce que nous cherchions?

Tous, nous avons été positifs. Certains ont appris beaucoup de choses, d'autres ont plutôt bénéficié de "rappels" ou se sont fait "sonner les cloches". Nous avons trouvé un cadre pour nous enligner dans notre survie, dans notre prise en main de ce qui s'ouvre devant nous. Nous avons trouvé de l'écoute, avons comparé nos réalités. Nous nous sommes sentis moins seuls, épaulés. On nous a offert des outils pour poursuivre notre route.

Cancer transitions, ce fut une très belle expérience. 

**

Pour s'inscrire au programme (le prochain aura lieu en septembre, au retour des vacances d'été), il faut communiquer avec l'OQPAC. Pour être éligible, il faut avoir cessé les traitements depuis moins de deux ans et obtenir l'accord de notre médecin traitant.

Pour information: (418) 529-9714

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17 mai 2013

Chemo brain

tshirt chemo brain

Lors de la rencontre Cancer transitions cette semaine, un des sujets abordés avec l’infirmière pivot a été les effets secondaires des traitements. Ces effets peuvent être physiques mais aussi cognitifs. On appelle les changements cognitifs liés à la chimiothérapie «chemo brain» (non traduit en français à ce jour). 

Qu’est-ce donc que le chemo brain (aussi appelé chemo fog, ce qui s’apparente étrangement à mon impression de sfumato mental dont je vous avais parlé ici) ?

Le chemo brain c’est, notamment :

-       de la difficulté à se concentrer

-       des troubles de la mémoire à court terme

-       de la difficulté à accomplir certaines tâches

-       de la confusion

-       une incapacité à penser clairement

(Tiré du Cahier du participant, Cancer transitions ; aller au-delà du traitement, p. 66)

Sur le site chemobrain.org, on décrit ainsi les symptômes : un délai de remémoration plus long pour se souvenir de choses dont on se souvenait normalement, des troubles de concentration ou à focaliser notre attention, incapacité à faire plusieurs tâches à la fois (multi-tasks), penser plus lentement et prendre plus de temps pour terminer une tâche, de la difficulté à se rappeler de mots ordinaires ou à compléter nos phrases.

Le même site mentionne que différents facteurs peuvent entraîner le chemo brain, comme le cancer lui-même, la chimiothérapie, la fatigue, le stress, l’anxiété, les troubles de sommeil, la dépression, les changements hormonaux…

Alors voilà. Cette confusion mentale a un nom.

On estime qu’il faut quatre ans pour recouvrer entièrement nos capacités cognitives lorsqu’on souffre de chemo brain, selon ce qu’en dit l’article Wikipédia, « Post-chemotherapy cognitive impairment ». Espérons que j’aurai ce temps pour m’en remettre, sachant que c’est à peine l’intervalle que j’ai eu entre deux chimiothérapies. 

Mais bon. Il existe des exercices pour rendre le cerveau plus efficace, travailler la mémoire et les réflexes mentaux. Et l’activité physique fait des miracles également. Comme nous l’a fait remarquer l’infirmière pivot, l’exercice, c’est presque une panacée. Et TOUTES les études le montrent !

***

Image: Eh bien, on trouve de tout sur le web... dont des t-shirts humoristiques vendus en ligne ici!

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16 mai 2013

Cancer transitions #5: le suivi médical au-delà du cancer

suivi-cancer

Hier, après nos trente minutes d'activité physique avec le kinésithérapeuthe, notre cinquième rencontre de Cancer transitions a été menée de main de maître par une ancienne infirmière pivot en radio-oncologie qui a vu avec nous les divers aspects du suivi médical post-traitements.

Nous avons abordé la communication avec l'équipe médicale (notamment l'importance de préparer une liste de questions à poser lors des rencontres et de prendre des notes durant nos rendez-vous pour ne rien oublier ensuite...) et le plan de suivi (pour ceux qui ne l'avaient pas, comme moi, on nous a donné un Passeport en oncologie, carnet de notes où on peut garder la piste de nos traitements et rendez-vous), en plus du Journal de santé du survivant où consigner nos remarques, nos inquiétudes, noter nos médicaments, leurs effets, etc.

Une bonne partie du temps alloué a également porté sur les risques pour notre santé des traitements que nous avons reçus. Évidemment, la radio, la chimio ou la curiéthérapie sont très durs pour le corps et ont des séquelles à court et moyen terme (fatigue, troubles cognitifs, problèmes de sommeil, lymphoedème, douleur, lésions nerveuses ou neuropathies).  Mais en plus, il y a des effets à long terme qu'on commence à mieux connaître. Car de plus en plus, les gens atteints de cancer ont une meilleure espérance de vie. Alors qu'il y a vingt ans on se souciait de sauver les gens à tout prix sans trop penser à leur qualité de vie future, maintenant, les traitements se raffinent, la survie augmente et les études montrent qu'il faut tenir compte que les traitements entraînent des risques accrus pour la santé et qui apparaissent dans le long terme.

On parle de risques, ici. Mais de risques éclairés, quand ils sont bien expliqués aux patients. Par exemple, une radiothérapie abdominale reçu par une jeune femme fera en sorte qu'on lui conseillera de passer des mamographies à un âge plus jeune que si elle n'avait jamais été exposée à des rayons.

En ce qui me concerne, un des effets à long terme de la chimiothérapie et sur lequel on nous a conseillé de faire quelques recherches est ce qu'on appelle le "chemo brain". Mmmm. Je vais aller lire là-dessus, c'est certain. 

Le but de la rencontre n'était pas de nous alarmer et de faire de nous des hypocondriaques paranoïaques! Simplement de nous informer de ce qui peut survenir, quoi surveiller, etc. Et surtout, de nous rappeler d'en informer nos médecins traitants.

L'impression d'ensemble que j'ai eue, hier, c'est que la rédaction de mon blogue m'a amenée, par des sentiers bien différents, à m'informer et à m'organiser par moi-même, alors que des outils existaient déjà. Juste à repenser à ma première chimiothérapie, sans infirmière pivot... Mon dieu. Tant de chemin parcouru à travers la jungle médicale, tant de choses contre lesquelles j'ai eu l'impression de me battre et qui fonctionnent tellement mieux maintenant! Alors mine de rien, un Journal de santé du survivant, j'en écris un depuis 2006!

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14 mai 2013

La pensée réaliste

Faire face au cancer

Ces jours-ci, je lis le livre Faire face au cancer: avec la pensée réaliste, de Josée Savard. C'est un des participants de mon groupe Cancer transitions qui me l'a prêté, pensant que ce point de vue m'intéresserait.

Je n'aime pas particulièrement le ton rigide pris par l'auteure ou le recours à de nombreux exemples pour illustrer sa pensée, mais l'ensemble est fort intéressant et m'amène à constater que ce que j'appellais la "pensée positive" et que j'essaie d'appliquer dans ma vie, c'est en fait la pensée réaliste

Et ce n'est pas la même chose.

La pensée positive, comme le démontre l'auteure qui est Ph.D. en psychologie, professeure et chercheure au Centre de recherche en cancérologie de l'Université Laval, est presque aussi nocive que la pensée négative. En fait, Josée Savard montre que les études n'ont pas conclu que notre état psychologique influence réellement la maladie (et ça vaut pour le stress).

Cependant, si les émotions n'ont pas d'effets confirmés par la science, elles ont toutefois un effet très réel sur notre qualité de vie. D'où l'importance de gérer nos émotions et notre anxiété et, pour ce faire, la thérapie cognitive se révèle efficace pour restructurer nos pensées et tendre à la pensée réaliste.

Mais pourquoi la pensée positive peut-elle être néfaste (Josée Savard parle de la tyrannie de la pensée positive)? Eh bien parce cet état d'esprit entraîne la culpabilité (ah, celle-là!). Par exemple, une figure montre ainsi le cercle vicieux de la pensée positive: "Je dois être positif en tout temps si je veux guérir du cancer"... On n'y parvient pas... Cela génère de l'anxiété:"Je vais avoir une récidive du cancer"... Ce qui entraîne de la culpabilité:"Ce sera ma faute si j'ai une récidive du cancer." (p.25)

Idéalement, il ne faut pas voir la vie (et ici, le cancer) avec des lunettes noires ni avec des lunettes roses. Il faut porter des lunettes claires, celles de la pensée réaliste qui consiste à "voir la situation telle qu'elle est, tant avec ses aspects négatifs que positifs" (p.29).

Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me rejoint tout à fait. Et je vais continuer à travailler pour chasser la culpabilité!

**

Josée Savard, Ph.D. Faire face au cancer: avec la pensée réaliste. 2010, Flammarion Québec. 268 pages.

 

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10 mai 2013

Cancer transitions #4: l'alimentation au-delà du cancer

poivron

S'il y a un thème que je n'ai pas beaucoup abordé sur ce blogue, c'est bien l'alimentation. Oh! Quelques fois j'en ai parlé quand mes lectures s'y sont prêtées. Mais sinon, ce n'est pas un sujet qui me hante. 

Oui, c'est vrai que je n'ai pas de problème de poids, ce qui me simplifie beaucoup la vie et m'épargne des soucis. Je n'ai pas non plus de diabète ou d'autres maladies qui me demanderaient de surveiller ma diète et il se trouve que, tôt dans ma vie, on m'a appris à bien manger et à développer mon goût pour une grande variété d'aliments. En plus, je cuisine moi-même la majorité des repas. Alors tout ça mis ensemble, on peut dire que l'alimentation est un dossier que je considère "réglé" dans ma vie.

Suis-je cependant parfaite? Non. Ai-je des choses à changer? Oui.

Mercredi dernier, la quatrième séance de Cancer transitions portait sur l'alimentation et était dirigée par une nutritionniste affiliée à l'Hôtel-Dieu de Québec. Nos lectures de la semaine nous avaient également préparés pour cet entretien, sans oublier que, depuis le début du programme, nous remplissons quotidiennement notre journal alimentaire.

Bref, on nous a présenté les bonnes habitudes à intégrer pour nous maintenir en santé. Ça vaut pour tout le monde, cancer ou pas. Ici, ce sont les études les plus récentes qui ont été recensées et approuvées dans le domaine médical. Évidemment, la science continue de progresser, mais on peut se faire une bonne idée.

Je ne peux pas entrer dans les détails de tout ce qui a été abordé pour ne pas alourdir mon propos, mais je retiens ici les conseils principaux (et cela s'ajoute au Guide alimentaire canadien qu'on nous a d'ailleurs distribué):

1) Il faut varier notre alimentation (aucun aliment, seul, n'a le pouvoir de nous apporter tous les nutriments essentiels)

2) Privilégier une alimentation d'origine végétale

3) Fruits et légumes attention à la couleur: jaune foncé, rouge, orange à privilégier.

3) Grains entiers: augmenter notre apport quotidien.

4) Diminuer le gras, le sel, sucre, alcool et les aliments fumés et marinés (et faire en sorte d'éliminer le plus possible de gras d'origine animale)

5) Produits laitiers faibles en gras et prendre de petites portions (170 à 198g par jour) de viande maigre, poisson ou volaille (sans peau). Les protéines peuvent aussi venir de légumineuses (qui devraient apparaître 4 à 5 fois par semaine dans notre menu) et produits du soja.

Une des choses que j'ai beaucoup appréciée dans l'exposé de la nutritionniste, c'est tout le "pourquoi", la théorie derrière ces conseils. Que font, concrètement, les fibres, les vitamines, les minéraux? Car bien manger, on le "sait" que c'est bon. On se le fait dire et répéter sans cesse. Or, regardez autour de vous: le surplus de poids est répandu, l'obésité touche près d'un adulte sur deux. Donc quelque chose dans le message ne passe pas. 

Autre chose: on nous a appris à bien lire les étiquettes. Par exemple, penser à vérifier les portions des différents produits sur lesquelles se basent les pourcentages des apports quotidiens. On ne compare pas toujours les mêmes quantités!

Et moi, concrètement, que dois-je changer dans mon alimentation?

Comme beaucoup de gens, il faut que je mange un peu plus de fruits et de légumes (on conseille de 8 à 10 portions par jour!), je me situe à 5 ou 6. Et ajouter des légumineuses (nous ne mangeons certainement pas les 4 à 5 portions recommandées par semaine...) et peut-être aussi voir à manger un peu plus en général, notamment mes protéines. 

Mieux manger, c'est sûr que ça implique les autres autour de nous et c'est justement ce qu'on nous conseille à Cancer transitions: avoir un groupe de soutien. Donc ici, c'est ma famille qui bénéficiera de ces quelques ajustements et tout le monde y gagnera!

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06 mai 2013

Cancer transitions #3: santé et bien-être émotionnels

Masques

Mercredi dernier, la troisième séance de Cancer transitions portait sur les émotions. 

Ouf! Croyez-vous que trois heures allaient suffire? Surtout alors que les trente premières minutes sont consacrées à des exercices physiques (encore une fois en plein air avec le beau soleil printanier!)? Deux heures trente pour discuter chacun et chacune de nos vécus, de faire le tour de tout le branle-bas de combat intérieur dans le no-man's land qu'est la période post-traitements, c'était, en partant, un énorme plan de match.

Alors non. Les deux heures trente de la séance n'ont pas suffi. 

Nous avons quand même plongé dans ce sujet crucial pour les "survivants" que nous sommes, la gestion de nos émotions et de notre stress. Nous avons discuté des stratégies d'adaptation qui peuvent être actives ou évitantes. L'idéal étant -vous le savez sans doute- d'être actif dans nos stratégies. C'est plus efficace et plus sain.

Des exemples de stratégies actives: prendre des mesures concrètes pour régler le problème, chercher de l'information pour faire face à la situation, avoir des pensées positives (ce qui veut dire: réalistes), accepter que le problème est réel et voir ce qui est en notre pouvoir ou pas. Tandis qu'on parle d'évitement quand on refuse de voir la situation, qu'on évite d'y penser, qu'on se blâme pour l'expliquer ou qu'on s'isole...

Nous avons également longuement parlé de la peur de la récidive. À part moi, dans notre groupe, tous viennent de vivre une première expérience avec le cancer. Certains ont plus peur que d'autres que la maladie revienne, surtout que, selon les types de cancers, les pronostics varient considérablement.

Dans mon cas, la récidive est inévitable, puisque la tumeur n'a été que stabilisée. Tant qu'elle n'est pas retirée (option redevenue envisageable depuis que j'ai rencontré ma nouvelle neurochirurgienne), cette menace plane sur moi à court ou moyen terme (avec le risque d'une chance sur 5 que l'oligo se transforme en gliblastome). Mais je ne vis pas avec la "peur", simplement les yeux grands ouverts, en sachant que le tourbillon de la vie a tendance à nous aspirer, malgré nos bonnes résolutions prises dans le moment d'arrêt de la convalescence. Cette fois-ci, j'ai l'impression que la rechute m'a "parlé dans le cass". Ça m'a brassée.

Une chose qu'on nous a bien répétée, c'est que la fin des traitements marque "le premier jour du reste de notre vie". Et que très, très souvent, notre rétablissement prend plus de temps que les traitements eux-mêmes.

Et puis le temps a fini par manquer... alors c'est un simple survol que nous avons fait sur des sujets cruciaux comme nos relations familiales et l'impact du cancer sur les enfants, sur nos amis et les collègues de travail ou encore sur notre vie intime. Au moins, nous avons notre cahier d'accompagnement, mais certains de ces sujets seront remis à l'ordre du jour lors de notre sixième rencontre.

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01 mai 2013

Ma vie de prof: l'ennui

salle_classe_vide

Au cégep, la session d'hiver tire à sa fin et pour moi cela fera pratiquement deux sessions complètes écoulées sans que j'y ai part.

De loin, je continue de suivre la vie collégiale. Parfois, j'ai des nouvelles de collègues. Facebook m'aide aussi à voir passer quelques informations. Mon Grand lui-même termine sa deuxième session collégiale, participant à son tour à ce grand mouvement. Et j'ai le grand bonheur, de temps à autre, de recevoir des mots d'anciens étudiants.

Mais tout ça, c'est une maigre compensation car, dans les faits, je m'ennuie de l'enseignement. De cette activité, ce bourdonnement. Des regards pétillants, des questions plus ou moins pertinentes des étudiants. De tous ces jeunes en devenir qui parfois se cherchent, mais qui, d'une manière ou d'une autre, font quand même l'effort de se présenter en classe. De s'offrir une formation intellectuelle. Oui. Même quand ce processus se fait cahin-caha. Même quand ils marchent à reculons.

Oui, je m'ennuie.

Hier, j'allais assister à une réunion départementale. L'occasion de revoir les collègues, de diner avec mon Grand à la cafétéria, de prendre le pouls, de constater tout ce qui avance, les projets géniaux qui prennent forme grâce à l'implication de plusieurs. Non, mais! Quel milieu riche!

Le cégep sent déjà les vacances. L'écho de nos pas se répercute dans les couloirs désertés par les étudiants sortis sur la pelouse profiter du soleil. Certains ont déjà vidé leur casier. Et cette période de l'année me rend toujours un peu mélancolique.

Alors oui, je m'ennuie. 

Il me tarde de retourner à cette vie!

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25 avril 2013

Cancer transitions #2... se faire sonner les cloches!

frère jacques

Hier avait lieu la seconde séance du programme Cancer transitions.

Tout d'abord, nous avons appris le départ de deux participants. Une personne travailleuse autonome qui est dans l'obligation de se retirer et une autre qui reprend ses traitements de chimio en raison d'une récidive.

Nous voici donc huit à poursuivre.

Le thème de la deuxième rencontre était "l'exercice personnalisé pour la remise en forme" et elle était dirigée par un kinésithérapeute. Tout d'abord, nous sommes sortis marcher et faire de l'exercice dehors, puisque la température s'y prêtait. Notre entraîneur nous a montré quelques exercices très simples, très faciles à faire pour maximiser nos marches quotidiennes. À nous de les adapter pour les rendre plus difficiles ou plus faciles selon nos propres réalités. Le but étant de bouger et de ne pas nous limiter. Si on se sent bien, on y va. Si on ne se sent pas bien, il faut adapter l'exercice (et non utiliser cette excuse pour ne pas bouger...)

J'ai longtemps été réfractaire à l'exercice physique, mais grâce à l'enthousiasme contagieux d'une de mes amies entraîneuse dans un centre de conditionnement physique, j'ai franchi cette barrière psychologique et me suis mise à l'entraînement. Pas toujours avec une réelle rigueur, mais juste assez pour atteindre le fameux "plaisir" lié à une vie active. Et je me suis rendu compte très clairement que là était la clé: il faut le "sentir" dans notre corps pour y croire. Sinon, peu importe les lectures, émissions de télé, diapositives Power Point, alouette... On ne sera pas convaincu des bienfaits de l'activité physique. Ça reste purement "intellectuel", oui, on le "sait" que bouger, c'est bon. Oui. Mais on ne le "fait" pas... Tant qu'on ne le "vit" pas.

Bref. Je sais que c'est bon. Je l'ai senti en moi. Maintenant, il faut que je m'y remette un peu plus activement. Pourquoi? Eh bien, parce que mon podomètre ne ment pas, lui!

Je vous avais dit qu'on nous encourage à marcher 30 minutes par jour. Moi, je fais de l'elliptique 22 minutes trois fois par semaine, suivi d'exercices musculaires. Mais je ne marche pas beaucoup dehors, c'est malheureux. Et sinon, j'étais sur l'impression que j'avais une vie active (même malgré mon arrêt de maladie). 

Je dis bien "j'étais" sur cette impression, parce que mon podomètre a parlé: non seulement je ne suis pas active, mais je suis sédentaire! Parce que j'ai noté mes pas toute la semaine et si je fais la moyenne de mes journées, j'arrive à 3336 pas quotidiennement... Or, sur le tableau qu'on nous a présenté hier, en dessous de 5000 pas par jour, nous sommes considérés sédentaires. Entre 5000 et 7500, peu actifs. Entre 7500 et 10000, actifs. Passé les 10000 pas, on est très actifs.

Eh bien. J'ai regardé mes misérables 3000 quelques pas et ma vie "active" avec stupeur. Je suis une sédentaire. Mais j'aspire à me réactiver. Déjà, hier, j'ai marché jusqu'à l'épicerie. Et à la fin de ma journée, j'étais à 5500 pas. 

Marcher, ça fait une différence.

On m'a sonné les cloches. J'ai entendu!

Quant à mon plan d'action, j'y pense encore... Mais ça se précise!

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22 avril 2013

Plan d'action

Cible

Tout le programme de Cancer transitions tourne autour du concept de "patient proactif". En effet, ce concept "vise à ce que les gens se sentent moins impuissants et plus responsables face à leur santé". Et on nous l'a mentionné lors de la première séance, si on ne s'implique pas dans le processus, ça ne nous donnera rien. 

Donc il faut y mettre du nôtre, être proactif. Ça veut dire faire nos lectures et nos exercices, mais aussi se bâtir un "Plan d'action", c'est-à-dire élaborer une série d'actions concrètes en vue d'améliorer notre santé physique et émotionnelle. Notre plan d'action est en fait un journal hebdomadaire où nous nous fixons des objectifs à atteindre et où nous notons les faits saillants de notre semaine en fonction de ces objectifs.

Le plan d'action est complété par un Journal d'exercices personnalisés, un journal alimentaire, sans compter notre cahier d'informations du programme et le livret La vie après le cancer qui nous a été fourni. Des lectures à faire, des notes à prendre. Bref, le but étant de garder en tête que nous avons entamé un processus actif dans notre guérison.

De mon côté, j'ai commencé mon journal alimentaire jeudi, soit le lendemain de la séance. J'ai aussi noté mes exercices et activités dans mon journal d'exercices et je compte mes pas. J'ai rempli le long questionnaire (le premier des trois dont j'ai parlé plus tôt) et fait mes lectures pour la prochaine séance. Mais je reste en suspens dans mon plan d'action. Comme si je n'arrivais pas bien à déterminer mes objectifs à court et moyen terme. 

Je réfléchis donc à mes objectifs. Faire plus d'exercices? Marcher? Aller dehors? Et du côté alimentaire, améliorer quoi? Manger un peu plus, peut-être (déjà que je fais un gros effort ces derniers temps pour déjeuner tous les jours...). Manger encore moins de viande qu'actuellement? Bon. Un peu de tout cela. Côté médical, mon prochain rendez-vous avec ma neurochirurgienne n'est qu'en juin. Alors on verra. Mais c'est certain qu'avec des objectifs précis et placés sagement sur ma grille, ça va me permettre de mettre de l'ordre dans mon esprit!

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19 avril 2013

À petits pas

traces-de-pas

Hier, je vous disais qu'à la séance de Cancer transitions, on nous a donné un podomètre.

Un podomètre, ça sert à compter les pas que l'on fait dans une journée. Et c'est très intéressant en soi parce que ça nous fait prendre conscience que, même lorsqu'on a l'impression de n'avoir rien fait, pas bougé, eh bien on a quand même marché. 

Hier, j'ai été assise pratiquement tout le temps. À écrire, à lire. J'ai fait quelques allers-retours à la cuisine, j'ai fait du lavage, le souper. Total de pas? 2674.

Et ce matin, je fais mes 22 minutes d'elliptique et ma routine d'exercices musculaires (que j'essaie de faire trois fois par semaine). Juste cette séance, ça a fait 2500 pas (c'est-à-dire 5.3 km, selon l'odomètre de l'elliptique). Donc en une vingtaine de minutes, je fais presque autant de pas que dans une journée normale complète.

Je ne pense pas que je bouge plus parce que je porte à ma ceinture le podomètre. Mais il a comme effet de rendre concrets tous ces petits pas invisibles qui jalonnent mes journées. Et je note tout ça dans mon journal d'exercices. 

Ça laisse une trace.

Posté par Julie GravelR à 13:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]



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