Soleil en tête

19 juin 2017

Au bout du rouleau

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C'est la fin de la session. 

Derrière moi, les piles de correction. Terminées dans ce que j'aurais espéré une "transe", mais non. Ce fut, à chaque copie, une bataille contre moi-même. Malgré mes "lunettes de grand-mère", malgré certaines copies qui m'ont rassurée sur mes capacités de prof (ou les qualités inées des étudiants?). Chaque fois, je me demandais ce que j'avais réussi à transmettre.

Les jours passent. Les révisions de notes sont faites. Je suis officiellement "en vacances", or personne n'a eu son horaire pour la session d'automne. Et je n'ai pas été convoquée pour la signature de mon contrat. Des délais administratifs, semble-t-il. Des départs, des gens nouvellement arrivés et qui n'ont pas encore les réflexes, la connaissance pour être efficaces...

Au moins, je sais ce que j'enseignerai cet automne. Trois groupes de méthodologie de la recherche et un cours d'Égypte, à un petit groupe (11-12 étudiants?). Plus le temps avance, et plus je réalise que ma carrière d'enseignante aura surtout été celle de prof de méthodologie. J'y crois toujours autant, sachant que souvent, c'est notre manière d'aborder le travail, notre façon de faire, qui demeurera utile malgré, parfois, les changements de voies qui surviendront sur notre route. Pourtant, ces charges d'enseignement sont lourdes. Et mon énergie ne revient pas assez vite.

Le retour du temps plein cette session m'a vidée.

À moi de me reposer. De revoir mes priorités. J'ai délaissé le blogue depuis quelque temps, ne trouvant ni les sujets, ni le temps pour y écrire intelligemment. Ce sera sur ma liste d'été.

Pour l'instant, je lis (beaucoup). Je réfléchis à ma prochaine session. Je travaille mon italien (Rome en vue!). Et je médite quelques projets d'écriture. Le tout, avec une efficacité très variable selon mon humeur, le degré d'humidité. Tous mes hauts et mes bas!

 

 

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01 avril 2017

2/3

Lunettes

Le travail à temps plein, c'est difficile.

Quatre groupes, trois préparations. Beaucoup de corrections. 

Beaucoup.

Sans compter l'encadrement des étudiants. Les réunions. La paperasse en tout genre.

Montées d'angoisse jusqu'à la limite de la crise. Insomnies. Caractère variable.

Or j'ai réalisé quelque chose récemment: j'ai la vue qui baisse. Au départ, c'était imperceptible. Mais il y a la fatigue. Je perds patience plus rapidement sur les copies. Corriger me prend deux fois plus de temps qu'avant... C'est aussi plusieurs détails dont on ne s'apperçoit pas. Le menu illisible au restaurant (sans doute la lumière tamisée, se dit-on). Les messages textes minuscules à déchiffrer sur le téléphone... Le journal à lire à bout de bras. Bref, je me suis acheté des "lunettes de grand-mère" à la pharmacie et, sans que ça ne règle tout (la fatigue est encore là!), ça m'aide! 

Espérons que les copies des neuf rapports de méthodologie seront plus agréables à aborder cette fois que lors de la première correction...

Disons cependant que c'est avec joie que j'entame la dixième semaine de cours. Enfin! Le deux-tiers du chemin parcouru!!!

** 

Vu la semaine dernière l'émouvante pièce Constellations, au théâtre du Trident. Mon amoureux, juste avant la représentation, m'a montré le nom de ma neurochirurgienne, qui apparaissait dans les remerciements... Eh bien on a vite compris pourquoi. La pièce évoque la vie d'un couple dans un "multivers" où les personnages naviguent entre diverses situations, sur le modèle des mathématiques quantiques. Dans quelques uns de ces univers, l'héroïne a une tumeur cérébrale qui affecte son expression, son langage, ce qui la fatigue. Tout en bouleversant son travail de chercheuse, sa vie. Et l'amène à réfléchir à l'éventualité de la mort. Yanick et moi on a pleuré. Mais beaucoup aimé la pièce.

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26 janvier 2017

Retour à la normale (?)

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Qu’est-ce que la « normale », au fait ? Après un diagnostic comme le mien, après toutes les années qui ont passé, après les chimiothérapies, l’opération, la crise… Peut-on rentrer dans l’ancien moule ? Y avait-il un moule, au fait ?

Me revoilà à plein temps. J’ai quatre groupes, trois préparations différentes. Tous des cours que j’ai déjà donnés, heureusement. Mais ça me demande beaucoup de discipline, car j’ai l’esprit qui papillonne et dès que je suis fatiguée, dès que je laisse s’égarer mon regard par la fenêtre du bureau, je perds le fil. Je dois faire des listes. Toujours, toujours des listes. Pour mon arrivée au bureau le matin. Puis pour le contenu de mon cours. Ensuite pour ce que je dois faire en sortant de la classe. Puis pour ce qui sera à prévoir pour le lendemain. Puis les jours qui viennent...

Je coche des cases. Je fais des X sur les tâches faites. Ou je les repousse. J’en ajoute d’autres. J'ai même perfectionné l'art de la liste avec le "bullet journal", conseillé par Solange.

C’est la seule façon que j’ai trouvée pour ne pas laisser l’anxiété me paralyser totalement.

Cet après-midi, j’ai revu mon neuropsychiatre. Il a augmenté un peu mon antidépresseur, et cela aura sans doute un effet pour baisser mes pointes d’anxiété. Déjà que j’ai ressenti l’effet de ma nouvelle dose depuis notre première rencontre en septembre.

Mon médecin m’expliquait que dans les cas comme le mien, avec la maladie, on finit par avoir des montées d’anxiété à la veille de nos examens médicaux, puis, lorsqu’on est rassuré sur la stabilité, le stress retombe, pour remonter peu à peu, jusqu’à une nouvelle pointe lors du rendez-vous suivant. Il y a sans doute de cela dans mes montées d’anxiété. Mais je crois que c’est surtout de refaire face à la «vraie» vie de prof qui m’étouffe. Nous verrons si j’arrive à sortir la tête de l’eau dans les jours qui viennent.

J’avais revu ma neurochirurgienne en décembre, et elle m’a assuré de la stabilité de la tumeur. Pas de changement sur l’IRM. Même pas la gliose qui semblait vouloir augmenter. Alors j’ai pu «graduer» ! Je ne la reverrai que dans six mois. Il y a longtemps que je n’avais pas eu un tel «congé» médical! Bon. C’est vrai que j’ai vu le neurologue la semaine dernière, avec un suivi pour l’épilepsie. Et mon neuropsychiatre aujourd’hui. N’empêche.

Je me sens un peu libérée.

Alors je me replonge dans la préparation de mes cours !

(Oh! Et je ne vous ai pas parlé de notre nouveau chaton! J'y verrai sous peu. Il est trop mignon!)

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11 janvier 2017

15 ans!

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Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon ado. Mon petit "Pinpin" devenu un grand jeune homme. Vif, rieur. Moqueur, aussi. Qui me fait perdre patience, souvent. Mais dont je suis tellement, tellement fière.

Augustin, c'est sans doute grâce à lui qu'on m'a diagnostiqué la tumeur au cerveau. Si j'étais arrivée à l'hôpital simplement avec une migraine, même avec la fièvre et les vomissements, on m'aurait retournée à la maison. Mais on a pris soin de la femme enceinte sur le point d'accoucher. Bien sûr, c'est difficile à dire avec le temps, mais comme j'ai vécu la même chose, quelques années auparavant (mon Grand était encore tout petit! On m'avait fait une ponction lombaire, souvenir pénible) et on m'avait dit qu'on ne comprenait pas ce que j'avais. Était-ce déjà la tumeur? Encore une fois, difficile à dire.

15 ans, donc, pour mon fils. Mon plus jeune qui déjà n'est plus un enfant.

15 ans depuis le diagnostic. 15 ans à avancer, à chercher à vivre pleinement, à participer au travail collectif et citoyen, à ma mesure. 

Élever mes enfants fait partie de ce qui donne un sens à ma vie. Ce n'est pas "toute" ma vie, car je me réalise autrement, aussi. Mais ma famille est centrale. Elle "est" moi, nous sommes un noyau avec chacun nos tentacules et nos existences propres. Mon noyau est aussi rattaché au grand noyau familial où s'accrochent mes parents, ma soeur. Et la famille de mon amoureux. Et nos amis. Au final, c'est une série de noyaux qui se donnent la main, s'entremêlent. Une galaxie dont les systèmes solaires sont liés par l'amour.

Bonne fête, mon Augustin!

**

Photo: Augustin couronné de romarin. Juillet 2016

 

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07 décembre 2016

Trois heures avec Marguerite

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Marguerite, c'est une femme atteinte aussi d'une tumeur cérébrale avec qui je corresponds depuis quelques années. Opérée trois fois. Radiothérapie, chimio. Diagnostiquée jeune, à 20 ans. Et qui fêtera sous peu (avec surprise, comme nous le sommes tous de vieillir malgré les sombres prédictions!) son 41e anniversaire. Elle est Française et c'est par courriel que nous avions toujours communiqué. 

Or, il y a quelques temps, elle est venue visiter son frère qui vit à Montréal. Quatre jours. Elle m'a écrit. J'ai regardé mon agenda. Décidé que l'aller-retour n'était pas impossible. Et suis allée discuter un "gros" trois heures dans un café rue Van Horne, un lundi de première neige.

Ce fut une rencontre charmante, et suréaliste. Que nous dire? Comment cerner l'essentiel en ces brefs moments?

Marguerite, pour moi, c'est quelqu'un qui m'a grandement aidée quand j'ai commencé à me préparer à mon opération éveillée. Elle ne le réalisait pas, je crois. Mais elle m'a longuement écrit (malgré son horaire de femme d'affaires surchargée), pour me décrire l'opération où elle m'avouait avoir eu très mal. Elle m'a envoyé une photo d'elle sur la civière, juste avant la craniotomie. Cette photo rendait "visible" ce qui m'attendait aussi. J'ai du mal à l'expliquer, mais ça m'a aidée.

En discutant avec elle, je lui ai rappelé cette photo. Et je lui ai montré sur mon cellulaire les quelques clichés pris lors de ma propre opération. Elle a été émue de voir ça. Mon cerveau, mais surtout ma chirurgienne, en pleine action. Et moi, assoupie, sous la "tente" avec ma neuropsychologue.

Trois heures. Ça passe comme un souffle. Comme ce vent sur les rues enneigées de Montréal. Marguerite a eu cette réflexion, à propos de nos situations, nos tumeurs traitées comme des maladies chroniques: elle nous compare aux porteurs du VIH, à partir des années 90. Comme si nous étions maintenant entre deux mondes. 

Nous nous souhaitons de nous revoir un jour. En forme, bien sûr. Résilientes. 

**

Source de l'image: Pinterest, Linda sur son blog http://www.itallstartedwithpaint.com/painted-mason-jars-spring/

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28 novembre 2016

Anniverzen (s)

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10 ans! Que de choses à fêter!

Le 1er août 2006, je débutais la mise en ligne de ce blog, peu après avoir eu l'annonce de l'avancée de la tumeur dans mon cerveau. Le diagnostic était tombé bien avant, en 2001-2002, mais rien n'avait encore été fait. C'est en 2006, avec un nouveau neurochirurgien, que l'histoire allait débuter "pour vrai". Du moins, c'est à partir de là que j'allais réaliser l'ampleur de cette réalité qui sera mienne jusqu'à la toute fin.

Des années se sont passées depuis. J'ai vécu une première chimiothérapie. Puis une autre. J'ai changé encore de médecin, rencontrant ma merveilleuse Docteure Lumière. Et j'ai été opérée, éveillée. J'ai guéri. Suis retournée travailler. Puis j'ai fait une grave crise d'épilepsie en décembre passé. La lumière a faibli quelque temps. Quelques mois... Mais en cet automne qui donne la main à l'hiver, ma santé s'est stabilisée. Et je vois revenir le temps de rentrer à plein temps pour la session d'hiver 2017.

Il y a quelques jours, donc, je fêtais mon 43e anniversaire. Après un an de convalescence, puis une autre année à me remettre de ma crise, j'ai décidé que cette 43e année serait exceptionnelle. Pleine de projets (réalisables!) et de repos (eh oui...).

Avec le temps, ces dix années en ces lieux virtuels, j'ai vu autour de moi des blogueurs-collègues-amis être aussi touchés par la maladie. Certains sont décédés. D'autres luttent encore. Je compte les années. "Mes" années. Me sachant mortelle. Qu'il y a 15 ans qu'on sait que j'ai une tumeur au cerveau. Qu'elle a été en partie retirée, mais qu'elle est encore là, cette "chip". Toujours active. Et je ne sais si je compterai encore beaucoup de chandelles sur mes gâteaux d'anniversaire. Alors me revoilà à faire mes listes... avec en tête l'idée de réaliser le plus de projets "importants" pour moi. 

Et vous savez sans doute qu'il y a là-dedans l'écriture, et l'enseignement.

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14 novembre 2016

La mangeoire

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Donnez, et vous recevrez.

C'est cela qu'il faudrait comprendre au lieu du "Demandez et vous recevrez". Moi, je trouve que c'est en donnant qu'on reçoit le plus. Et ces semaines-ci, je médite ce dicton. Chaque jour, plusieurs fois. Au rythme des heures qui passent, du soleil changeant, de la lumière qui raccourcit.

À la fin de l'été, mon ami Penouille,venu faire un tour à Québec pour ses tests et son rendez-vous chez notre Dre Lumière, m'a offert un cadeau: une mangeoire pour les oiseaux. Souvent, il m'envoyait des photos des visiteurs de ses mangeoires autour de sa maison gaspésienne. Il m'encourageait à en installer une, moi aussi. Puis, il s'est tanné. Et m'en a offert une. Avec un sac de graines de tournesol noir, les plus populaires auprès des oiseaux québécois. 

Ma mère n'était pas enthousiaste à l'idée de me voir installer la mangeoire dans notre cour. "Ça va attirer les écureuils. En plus, ça salit..." Bah! On n'utilise pas notre cour bien souvent. Et des écureuils, il y en a toujours un peu. En attachant la mangeoire sur la corde à linge, on évite les visiteurs à fourrure (du moins, on évite qu'ils ne viennent se bourrer la face directement!). Ils doivent se contenter de manger par terre ce qui tombe, dans le va-et-vient du passage des oiseaux.

Mais quel plaisir que d'observer l'activité générée par la présence de la mangeoire!

Tellement que dans les jours qui ont suivi cette nouveauté dans ma vie, j'en ai longuement parlé avec ma psychologue aux grands yeux, puisque je passe de longues minutes, des heures en bout de ligne, à observer cette petite faune par la fenêtre de ma chambre.

Des oiseaux, il y en a plein. Je les entends chanter, l'été. Je les observe de mon hamac, passant entre les branches des arbres, perché un moment sur la clôture ou venant s'abreuver à la fontaine du jardin. Ils vont et viennent sans s'arrêter. Or, maintenant que la mangeoire est là, ils s'attroupent. Se posent parfois longuement. Et me donnent, ainsi, l'occasion d'observer avec attention leur vie.

En ville, on croit parfois qu'il n'y a pas de vie animale. Qu'un ou deux chats errants et quelques écureuils. Or, même en plein coeur du brouhaha urbain, c'est avec ébahissement que je vois se poser à la mangeoire les cardinaux (dont plusieurs juvéniles, cet été), les mésanges si vives, de rares geais bleus (ils sont peu attirés par le tournesol), des roselins, des chardonnerets (je crois qu'ils ont quitté pour l'hiver), de petits pics (sitelles à potrine blanche) et ceux que j'appelle "ma gang de bruns", soit tous ceux qui ne se distinguent pas facilement, car tous à peu près semblables, pour l'oeil non expérimenté (comme l'est encore le mien) qui n'arrive pas encore à faire la différence entre toutes les sortes de bruants et un moineau.

J'apprends donc à remarquer les différences. Les comportements, les heures de fréquentation. J'essaie d'arriver à distinguer les couleurs qui varient, les formes des ailes, des becs. J'ai fait quelques recherches, en suis arrivée à en identifier quelques-uns (dont les sitelles, que je prenais jusqu'à tout à l'heure pour un "pic bleu"). J'arrive de mieux en mieux à distinguer les femelles (les roselins, par exemple, sont presque bruns pour les femelles, mais les mâles sont rougeâtres). Et quand un groupe de quiscals bronzés nous a fait une peur digne de Hitchcock, j'ai pu trouver le nom de ce que j'appelais jusqu'alors "ménates", et appris, aussi, qu'ils sont peureux et que s'ils viennent vider la mangeoire, c'est ponctuel. Quant aux écureuils, il y en a quelques sortes. Les gros gris, quelques noirs. Les petits roux, très vocaux et les tamias rayés. 

Ma mère s'est vite rendu compte du plaisir que nous avions à observer toute cette faune sous nos fenêtres!

C'est donc devenu un hobby, cette observation constante de la vie qui bat, attroupée autour d'une mangeoire de tournesol au coeur de la ville.

Et mon ami Penouille vient de me faire connaître un site que je suggère à tous les ornithologues amateurs: Initiation aux oiseaux du Québec par la couleur (http://www.oiseauxparlacouleur.com). 

Sinon, un article intéressant, avec des suggestions d'applications à installer sur votre téléphone: http://plus.lapresse.ca/screens/7defe662-135c-4d58-a0c6-c5a322ad9a4f%7C_0.html

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La photo de cardinal provient du site http://www.oiseauxparlacouleur.com

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28 septembre 2016

Chez le psy... chiatre

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Alors, alors?

Je ne suis pas partie bien loin, même si je n'ai pas donné de nouvelles cet été. Maintenant, l'équinoxe est passé. L'automne entamé, enfin. C'est ma saison favorite, et 2016 semble encore me donner raison. Disons que l'été fut un de mes pires. Je me réjouis de le voir s'éloigner.

Il y a eu une rencontre avec ma neurochirurgienne dont je ne vous ai pas parlée. Et plusieurs rendez-vous avec ma psy aux grands yeux pensifs. Deux épisodes de "crises" que je n'ai pas documentés non plus... et qui m'ont menée, hier, dans le bureau d'un nouveau spécialiste: un neuropsychiatre.

J'avais dû augmenter ma dose de Keppra, car selon ma neurochirurgienne, même si je n'ai pas perdu conscience lors des crises (que je décrivais plutôt comme des "crises de nerfs") ça pouvait ressembler à de l'épilepsie. Je suis donc passée de 500mg deux fois par jour à 750mg matin et soir. Et contrairement à ce que je croyais, le Keppra n'a pas empiré mon humeur (déjà chambranlante), mais ça m'a stabilisée. Comme si le courant électrique passait mieux dans mon cerveau. Je reste plus calme (avec mon ado, notamment). J'ai les idées claires, une bonne concentration. Une (relativement) bonne mémoire. Bref, je suis finalement contente du résultat. 

Cependant, j'avais été référée en neuropsychiatrie (et aussi en neurologie, un dossier en attente). Hier, je voyais mon jeune neuropsychiatre, un rendez-vous assez long (une heure trente). Il m'a interrogée sur mes antécédents, ma famille, ma santé. Il a lu les observations de ma psychologue, et nous avons discuté de mon humeur, de mes "crises". Nous avons parlé de mes problèmes d'attention que j'ai toujours assez bien maitrisés (même si ça devient plus chaotique ces derniers mois). Et qu'une médication contre le TDA pourrait abaisser mon taux de sensibilité à l'épilepsie. Donc on gardera ça comme ça. Ce qui ressort surtout, c'est que je suis une grande anxieuse. Et c'est cette anxiété que je dois apprendre à gérer. Or, dans des moments de pression (périodes de corrections, rechutes de la tumeur, etc.) ça devient difficile. Il a revu mes doses de médicaments, proposé des changements. Et nous nous revoyons dans trois mois pour faire le point.

J'ai beaucoup aimé l'approche très professionnelle de ce médecin. On a discuté aussi d'écriture et de publication, en comparant les revues scientifiques et l'édition de fiction. Il y a certainement des rapprochements!

La première chose qui m'a frappée en entrant dans le bureau, c'est la présence d'un joli tapis. En plein hôpital, c'était surprenant. Mon psychiatre m'a dit essayer de faire de son bureau un endroit chaleureux. Pas si mal, non? 

Sur ce, je vous reviens sous peu. J'ai pris du retard et j'aimerais me rattrapper. Ce serait dommage que je ne vous parle pas de mes groupes d'étudiants pétillants, ou de mes 10 ans comme blogueuse!

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21 juin 2016

L'autre solstice

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Voici arrivé l’été, après un difficile hiver. Noir et désespéré. Puis un printemps de plus en plus ensoleillé, ponctué de violoncelle

J’ai voulu écrire ici souvent ces dernières semaines. Mais l’inspiration n’arrive pas jusqu’à me pousser au bout d’un billet. Quelques débuts de textes sont ainsi restés inachevés. Celui, notamment, sur la fin de mon « quart » de session… vécu avec 100% de pression.

J’ai survécu. Suis passée à travers la correction, qui m’a pris un temps fou. Parfois, découragée, je me remettais à envisager la session d’automne, alors que j’aurai le double de travail devant moi. La pile de travaux, deux fois plus longue… Puis, je me reprenais. Réentendais les conseils de ma psychologue. Ne pas me projeter dans l’avenir. Ne pas retomber dans l’anxiété. Contrôler mes pensées.

Une chose à la fois.

Hier, j’ai levé mon verre à ce nouveau solstice, en compagnie de mon amoureux pour qui les derniers mois ont exigé patience et abnégation. Et mon ado, qui me malmène mais que j’aime tellement. Et qui me le rend bien, malgré tout. Et mon Grand, jamais très loin.

Une demi-année. Un autre solstice.

Je continue mon suivi avec ma psychologue, au département de neuro-oncologie. Elle m’apporte un soutien extérieur, professionnel. Des outils à développer et à apprendre à utiliser pour redevenir autonome et ne plus avoir envie de me laisser couler sous la glace du fleuve comme en février.

Dans quelques jours, nous partons sur les routes américaines, en famille. De belles villes sur notre horaire. Beaucoup de marche, des musées, des paysages. Notre ami Jean au bout du chemin, en Caroline du Sud. De la chaleur à prévoir, mais ce n’est qu’un détail quand elle se mêle à la bonne humeur et l’amitié !

Bon été à tous !

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21 mars 2016

Coeur de violoncelle

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Je consulte une psychologue depuis quelques semaines. Je vous l'avais dit, le mois de février a été difficile et certains autour de moi se sont inquiétés pour mon moral, mes idées noires. À mon hôpital en neuro-oncologie, il y a un service d'aide psychologique. Alors j'ai donné un coup de fil, et me voilà "suivie". J'aime beaucoup la jeune psychologue, son grand regard brun, sa patience. Discuter avec elle me permet de faire du ménage dans mon esprit embrouillé.

Pourtant, c'est du côté de la musique que je trouve le plus de paix, ces jours-ci.

Je ne suis pas mélomane. J'écoute peu de musique, appréciant plutôt le silence urbain de ma maison. J'entends passer les heures dans le bruit imperceptible des choses. L'avancée des aiguilles sur l'horloge, l'intensité variable du trafic. Le déplacement doux de mes chats d'une pièce à l'autre, selon l'angle du soleil.

Mais depuis janvier, je me suis remise au violoncelle.

"Remise" est un terme vague qui laisse entrevoir que j'en ai déjà joué. C'est vrai, mais à prendre avec un grain de sel. Oui, je savais jouer, un "savoir" acquis dans ma jeunesse auprès d'une religieuse qui me semblait avoir 100 ans (mais elle est morte récemment à 94 ans, ce qui veut dire qu'à l'époque, elle avait une soixantaine d'années!). J'avais une base, disons cela comme ça. Mais après 30-35 ans? Est-ce que ça compte encore?

L'apprentissage de la musique, du solfège, de la lecture des notes sur une portée, de la rythmique, ça reste.

Je m'en rends compte alors que je réapprivoise mon instrument avec les conseils d'un jeune professeur qui, 45 minutes par semaine, me montre à jouer sans trop de fausses notes.

La musique, c'est un langage. Il y a quelque chose de mathématique en elle, aussi. Mais c'est un moyen pour moi de penser autrement qu'en mots. Je lis les notes, je décode. J'adapte mon tempo. Je revois la position de mes doigts sur les cordes, ou de ma main sur l'archet. Je règle ma respiration, vois au mouvement de mes bras, du glissement régulier de l'archet, de son positionnement sur les cordes. Et cet exercice me détend, m'amène dans un état d'esprit où je cesse d'entendre le marteau-piqueur de mes pensées anxieuses. 

Je ne serai jamais une grande musicienne. Ce n'est pas ce qui compte. 

Non. Ce qui compte, c'est d'entendre s'apaiser mon anxiété dans le chant de mon violoncelle, appuyé contre moi. De laisser vibrer mon coeur avec le sien.

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