Schmitt_part_de_lautreJ’ai terminé récemment le 15e livre et le dernier de mon défi littéraire 2007: La part de l’autre d’Eric-Emmanuel Schmitt.

Comme ce défi avait pour but de me faire découvrir de nouveaux auteurs, je peux dire que, juste pour avoir découvert Eric-Emmanuel Schmitt, ça valait la peine. Je dirais même que c’est ma grande découverte littéraire pour l’année 2007.

En fait, ce n’est pas tant au niveau du style que j’ai apprécié la plume de Schmitt, mais bien dans sa réflexion d’auteur. Il faut savoir qu’Eric-Emmanuel Schmitt a un doctorat en philosophie, matière qu’il a d’ailleurs enseignée quelques années avant de connaître le succès avec ses pièces de théâtre puis, plus tard, ses romans. Cette réflexion ou vision philosophique habite son œuvre et c’est ce qui m’intéresse. Ce questionnement sur les motivations humaines, sur nos choix, notre rapport aux autres, avec la mort, etc. Sans tomber dans le moralisme rose-bonbon.schmitt_eric_emmanuel

Dans La part de l’autre, Schimdt explore le mal chez l’être humain, en étudiant la personnalité d’Adolf Hitler. Le roman met en scène deux Hitler : d’un côté, il y a Adolf H. qui réussit son entrée à l’École des Beaux-Arts de Vienne et qui devient peintre, en réglant, au fil du temps, ses divers problèmes de personnalité (sexuels, notamment). De l’autre, on suit la vie d’Hitler, le réel, celui qui, après son cuisant échec pour entrer à l’École des Beaux-Arts, finit par se sortir des bas-fonds en se hissant peu à peu dans la vie publique, à l’aide des idées radicales que l’on connaît. L’histoire nous mène à travers la vie de ces deux hommes, en décrivant comment les événements peuvent parfois changer la perception que nous avons de la réalité ainsi que nos actions.

Eric-Emmanuel Schmitt a écrit La part de l’autre après avoir travaillé sur une autre figure emblématique : celle de Jésus dans L’évangile selon Pilate. Après avoir travaillé sur le bien, il lui semblait important de faire l’analyse du concept inverse. Il est à noter qu’à la fin du roman, dans l’édition de poche, a été ajouté le journal de rédaction de La part de l’autre. On suit avec intérêt les réflexions de l'auteur sur la progression de l’écriture, à partir de l’idée de départ, jusqu’à la conception et la rédaction finale de l’oeuvre.

J’ai déjà en main L’évangile selon Pilate et je me promets encore de belles heures de lecture en compagnie d’Eric-Emmanuel Schmitt.

Ceci dit, avant que la question ne me soit posée, non, je ne prévois pas me lancer dans un défi littéraire 2008. Pas que l’idée soit mauvaise, au contraire. J’ai eu beaucoup de plaisir à monter ma liste tout comme à lire le plus d’ouvrages possible et, parmi ceux-ci, j’ai fait de belles découvertes. Cependant, j’ai énormément de travail devant moi en 2008 qui sera l’année de publication de mon premier roman. Je participe aussi au blog La recrue du mois qui me demande de lire un livre d’un nouvel auteur québécois par mois. En plus des livres que j’ai envie de lire par plaisir… Je laisse donc à d’autres le plaisir de se lancer un tel défi. Je dois dire toutefois que, dans un contexte de congé de maladie, l’idée était excellente et a meublé intelligemment de longues heures en solitaire.

Eric-Emmanuel Schmitt, La part de l'autre. Paris, Albin Michel, 2001. Coll. "Livre de poche, no. 15537". 503 p.