Arbre chiffres

Le rendez-vous d'aujourd'hui chez ma neurochirurgienne n'a duré que quelques minutes.

Toujours aussi sympathique et avenante, main tendue à mon arrivée, elle m'a demandé comment j'allais et si j'avais du nouveau depuis juin. Je lui ai parlé de ma "nouveauté": mon retour au travail. Elle s'est réjouie que ça passe bien, que mon moral soit bon, mon énergie aussi.

Alors j'ai demandé si, sur ma dernière résonance, il y avait du nouveau (car je n'en veux pas, franchement, sans façon!). Ma  neuro m'a annoncé d'un ton enjoué que rien n'avait bougé du côté de ma tumeur en comparant à celui de juin dernier. Qu'elle avait même poussé la curiosité en remontant jusqu'à la résonance de janvier pour en être certaine, car les changements peuvent parfois être si minimes qu'on ne les voie pas en trois mois, mais qu'en examinant plusieurs résonances antérieures, on les perçoit. C'est d'ailleurs comme ça que mon ancien neurochirurgien avait décelé l'évolution de ma tumeur en 2006...

Mais là, rien de rien. À peine un pico-poil de .2 mm qui peut être dû à la prise de la mesure et qui n'est pas significatif.

Voilà.

Je suis contente, vous vous en doutez bien!

Maintenant... quelle est la suite?

Ma docteure me suggère encore une autre résonance et un suivi dans trois mois puis, si tout s'est stabilisé, cela voudra dire qu'on a fait un an depuis les derniers traitements de chimio et qu'on pourra étirer un peu les suivis en passant de trois à quatre mois. Ça me va parfaitement.

Bien sûr, je suis revenue avec mes préoccupations statistiques... dans les cas similaires au mien, quelle est la durée des périodes de stabilité? Ah, si on pouvait prédire l'avenir!!!

Difficile à dire pour ma neuro. En fait, elle m'a dit - sous toute réserve - que ce qu'on voit généralement c'est que lorsque le temps écoulé avant une récidive a été long, la durée de la prochaine période de stabilité s'allonge. Ainsi, dans mon cas, si je suis ces statistiques, j'ai été stable un peu plus de 3 ans, d'octobre 2007 à février 2011, alors j'ai des chances que cette période-ci soit encore plus longue. Quatre, cinq ans?

Ce qui est sûr, c'est que je ne dois pas m'empêcher de faire des projets, comme le stage à Rome au printemps prochain. Elle m'a d'ailleurs encouragée, me disant que, même si elle ne croit pas aux médecines douces et compagnie, elle peut me dire une chose, c'est qu'elle constate que les patients qui s'en tirent le mieux avec leur maladie sont toujours ceux qui vivent une vie le plus normale possible.

Et n'est-ce pas ce que je m'efforce de faire, au jour le jour, depuis toutes ces années?

Le coeur léger, mon amoureux et moi avons fêté la nouvelle dans un bon resto japonais. Et tout ce soleil de septembre amplifie mon impression de bonheur serein!