pessoa1916Un autre livre terminé pour mon Défi littéraire 2007… qui risque bien d’être un des derniers, malheureusement. Pas que j’ai arrêté de lire, au contraire. Mais je dois dire qu’avec le temps qui file, la session au collège qui recommence, le retravail que je dois faire sur mon roman et toutes les autres lectures que je fais à travers ça, je n’ai plus le temps ni l’intérêt de me plonger dans ces livres choisis «au hasard» pour le simple plaisir de monter une liste alphabétique d’auteurs inconnus…

Bref, j’ai d’autres préoccupations en ce moment qui viennent amoindrir le plaisir que j’ai eu à relever mon «défi».  Il faut comprendre également que le contexte dans lequel je me trouvais quand je me suis lancé ce défi, alors que j’entamais un hiver enfermée à l’intérieur face à face avec ma tumeur et la chimiothérapie, a beaucoup changé, à présent. Je dois aussi en tenir compte.

Voilà.

En ce qui concerne le livre que je viens de terminer, il s’agit du Livre de l’intranquillité de Bernardo Soares, écrit par l’écrivain et poète portugais Fernando Pessoa. Il y avait un bon moment que je l’avais commencé, à peu près en même temps que Joyce, mais je me suis vite rendu compte que cette lecture s’annonçait aride. Je l’ai donc fait alterner avec d’autres bouquins plus légers, au fil des semaines.

Le livre de l’intranquillité se présente en fait comme un long journal intime où un personnage, Bernardo Soares, rédige ses impressions sur la vie, son sens, la difficulté de vivre en tant qu’être humain.

Les réflexions sont profondes, très bien écrites mais très lourdes. Il faut dire que Bernardo Soares porte un regard très dérangeant sur l’existence, se disant lui-même incapable de vivre parmi ses semblables. Il apparaît très méprisant pour les autres êtres humains, pour les gens simples. Il est donc difficile de sympathiser avec le personnage ou même de faire siennes les réflexions qui étayent le journal.

Je m’y suis donc un peu ennuyée, un peu à la manière de Bernardo Soares qui s’exprime ainsi : «Certains travaillent par ennui : de même, j’écris, parfois, de n’avoir rien à dire. Cette rêverie où se perd tout naturellement l’homme qui ne pense pas, je m’y perds par écrit, car je sais rêver en prose. Et il est bien des sentiments sincères, bien des émotions légitimes que je tire du fait même que je n’éprouve rien.» (p.151)

Bien dit. Mais qui présente une certaine vision de la vie que je ne partage en rien.

Bref, Bernardo Soares est quelqu’un «à côté de la vie» et je me définis personnellement comme quelqu’un totalement «dans» la vie.

Fernando Pessoa. Le livre de l’intranquillité de Bernardo Soares. Traduit du portugais par Françoise Laye, présenté par Eduardo Lourenço et Antonio Tabucchi. Paris, Christian Bourgeois Éditeur, 1988. 277 pages.