Soleil en tête

Une tumeur au cerveau et la vie qui continue! Diagnostic, infos médicales diverses, traitement, etc. Billets d'humeur au fil de ma thérapie.

26 mars 2007

À l'aube de la démocratie: la réforme hoplitique

Greek_Hoplite_5th_Cent_BCEn cette journée d'élection, je me suis dit que je pouvais bien vous faire un petit cours d'histoire, surtout que certains m'ont fait part de leur envie de voir s'ajouter d'autres billets dans la catégorie "Histoire et Antiquité" de ce blog. Donc voilà. Je m'y plie. En plus, j'ai décidé de vous entretenir d'un sujet qui est en lien avec la démocratie: la réforme hoplitique.

La réforme hoplitique est le terme qui désigne certains changements qui sont survenus en Grèce à la période archaïque, vers le VIIe siècle avant notre ère. À cette période, la Grèce connaissait une certaine effervescence qui s'est manifestée par l'apparition et l'organisation de la polis (la cité) et par une vague de colonisation sur le pourtour de la Méditerranée.

Dans les changements qui sont apparus dans le mode de vie des Grecs de l'époque, on note une nouvelle façon de faire la guerre. En effet, l'équipement du guerrier grec était alors coûteux, mais on va proposer un nouvel équipement constitué d'un bouclier rond (hoplon), d'une épée courte et d'une pique qui était beaucoup plus  léger et plus accessible, car moins cher. Faire la guerre, défendre la cité devient alors possible pour une plus grande quantité d'hommes.

De plus, l'équipement de l'hoplite, léger et maniable, a introduit également une nouvelle conception de la guerre. Non seulement les gens étaient plus nombreux à participer à la défense de leur cité, mais en plus, l'esprit dans lequel ils combattaient était différent. Avant, les riches citoyens utilisaient la guerre comme un "agôn" (concours) pour s'illustrer comme le meilleur. Maintenant, de nouvelles règles s'imposent. On se bat désormais en phalange organisée, et non en mêlée. Les hommes se battent au coude à coude, en protégeant leur voisin de gauche de leur bouclier rond. Tous sont alors à égalité, protégeant leur camarade sur le terrain. Fini, le chacun pour soi. On fait un corps, uni.Vase_grec_sc_ne_combat

Qu'est-ce que la réforme hoplitique a à faire avec la démocratie?

Eh bien, le lien est simple: comme une classe de citoyens plus pauvre est venue s'ajouter à la défense de la cité, que les hommes, riches ou pauvres, étaient maintenant égaux dans leur façon de faire la guerre, au coude à coude, solidaires, les pauvres ont alors réclamé les mêmes droits politiques que les riches. Égaux devant l'ennemi, égaux à l'assemblée. Cela semblait logique. Et peu à peu, les règles de la polis se sont modifiées pour inclure ces nouveaux guerriers citoyens et leur donner les mêmes droits, étant donné qu'ils avaient les mêmes responsabilités que les riches.

Un pas était donc fait en vue d'une démocratie plus inclusive.

Je vous parle ici d'une réforme qui a eu lieu il y a 2700 ans. Bien entendu, notre démocratie n'est qu'un écho de celle des Grecs. Elle n'y ressemble que bien peu. Mais on oublie malheureusement trop vite combien les efforts des hommes ont visé à l'atteinte d'une démocratie universelle comme la nôtre. Et voter est un simple geste... Il faut l'exercer. Il fut si chèrement acquis.

Illustration montrant à quoi pouvait ressembler un hoplite grec vers le Ve siècle avant J.-C. Plus bas, vase grec du Ve siècle illustré d'une scène de combat entre hoplites.

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18 janvier 2007

Le rire des Grecs

Masque_grec_com_dieJ'ai parcouru récemment, dans le cadre de mes recherches pour terminer mon deuxième roman, un livre intitulé Le rire des Grecs: anthropologie du rire en Grèce ancienne, publié sous la direction de Marie-Laurence Desclos.

Le rire est un phénomène complexe. Bien qu'il soit le propre de l'homme, selon Aristote, le rire est difficile à comprendre. Comment se produit-il? Qu'est-ce qui le déclenche? Plusieurs auteurs se sont penchés sur la question, dont Henri Bergson. Mais ce qui m'a particulièrement intéressée, c'est le parallèle qui existe entre le verbe rire, en grec ancien et la lumière.

Vous savez que, ces temps-ci, je tente de faire le plus possible "briller" ma vie, que j'essaie de la placer sous le signe du soleil, sous toutes ses formes... Et ce parallèle m'a donc paru fort intéressant.

En fait, il existe trois façons de parler du rire en grec. Le premier mot est "gelaô" (ou "gelan"- notez que le "g" est dur, ici). Il s'agit du verbe qui fait référence au rire au sens noble du terme. La racine indo-européenne de ce mot est "gel-" qui signifie "briller", "scintiller".

Le second mot désignant le rire est "meidiaô", qui désigne le sourire. Enfin, il y a le verbe "kakazô". La sonorité même du mot indique qu'il s'agit de l'emprunt d'une onomatopée. Ce mot désigne le fait de rire en grimaçant, de rire aux éclats, avec bruit et sans grâce.

Donc, le mot "noble" pour parler du rire, chez les Grecs, est "gelan", mot fortement associé à la lumière par sa racine indo-européenne. Ainsi, dans la poésie, par exemple chez Homère ou chez Eschyle, les parallèles entre la blancheur, le scintillement, le fait de briller et le rire sont nombreux. Par exemple, Homère décrit l'armée achéenne en marche, dont les armes brillent au soleil et parle de la terre qui, ainsi, resplendit, comme resplendit le visage de celui qui rit." Eschyle, quant à lui, dans son Prométhée enchaîné, décrit l'écume de la mer comme des dents resplendissantes. Il parle du sourire de la mer, toujours riante.

Ainsi, chez les Grecs, le rire est un éclat. Il est illumination.

Mer_au_soleil

Source: Antonio Lopez Eire, "À propos des mots pour exprimer l'idée de "rire" en grec ancien", in Desclos, Marie-Laurence (dir.), Le rire des Grecs: anthropologie du rire en Grèce ancienne. Grenoble, Éditions Jérôme Millon, 2000. p. 13-43.

Illustration: Masque de comédie grecque et mer scintillant (ou riant!) au soleil.

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29 novembre 2006

Le théâtre grec

greek_bronze_maskLe théâtre est sans doute un des plus beaux héritages que nous ont laissés les Grecs.

On ne sait pas précisément quand ni comment est né le théâtre. Mais il connut véritablement son apogée au Ve siècle avant J.-C.

Le théâtre, pour les Grecs, était une activité intimement liée au domaine sacré, à la religion. On honorait, par la mise en scènes de pièces actées, le dieu Dionysos. Il faut savoir aussi que tous les rites des Grecs étaient en soi théâtraux, par exemple en laissant une bonne place au mime.

Si on connaît moins les débuts, plus obscurs, de la comédie, on pense en revanche que la tragédie est née à Athènes. Le nom « tragédie » vient du grec « tragôdia » qui signifie « chant du bouc. »

C’est sous Pisistrate, un tyran qui voulut entreprendre de grands projets pour le rayonnement d’Athènes, qu’on organisa les premiers concours de théâtre. Il existait dans cette cité trois grands concours: les Grandes Dionysies, les Petites Dionysies (qui avaient lieu dans les campagnes athéniennes), et les Lénéennes. 

Au départ, une pièce de théâtre était écrite pour n’être jouée qu’une seule fois. Avec le temps, des auteurs marquants connurent le privilège de voir leurs pièces rejouées.

C’était la cité qui veillait à l’organisation des pièces. Il y avait même un magistrat, l’archonte éponyme ou l’archonte-roi, selon le cas, qui devait veiller à la bonne marche de l’organisation des concours. Le chorège, un autre magistrat élu, devait quant à lui payer une bonne partie des frais associés à ces concours, soit l’entretien et l’entraînement du chœur. Bien entendu, ces lourds frais faisaient en sorte que seuls les citoyens riches avaient accès à de tels postes.

Pour engager un auteur, on procédait à un concours. On en retenait trois. Chacun recevait un chœur et un acteur. Les citoyens participaient aux pièces en tant que choristes. Pour un concours, chaque auteur devait présenter trois tragédies et un drame satyrique.

Un jury, composé de cinq citoyens choisis au hasard, attribuait les prix. L’auteur gagnant recevait une couronne de laurier. Plus tard, un prix récompensa également le meilleur acteur.

Notons au passage que le terme « acteur » se dit « hypocrites » en grec, dont une des significations est « celui qui répond » en raison du fait que l’acteur répondait au chœur.

L’histoire aura retenu le nom de trois grands auteurs tragiques athéniens : Eschyle (525-456), Sophocle (496-406) et Euripide (485-406), dont les pièces sont encore jouées de nos jours. Chacun de ces auteurs a su marquer, à sa manière, le théâtre en Grèce et le faire évoluer.

Pour les curieux, je suggère le visionnement du film Maudite Aphrodite de Woody Allen qui utilise de façon fort intéressante les procédés du théâtre ancien, où le chœur interpelle le héros. Un bon divertissement, en plus.

Illustration: masque de théâtre grec, en bronze.

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20 novembre 2006

Gilgamesh et la condition mortelle

gilgamesh_gilgameshsealHier, j'ai assisté à une pièce de théâtre pour enfants, un conte musical sur l'épopée de Gilgamesh du Petit Théâtre de Sherbrooke, présentée aux Gros Becs, rue Saint-Jean. J'y allais en compagnie d'une collègue et amie principalement pour rencontrer l'auteur du texte et metteur en scène Michel Garneau pour une entrevue pour le bulletin de l'APHCQ, l'association de professeurs d'histoire pour laquelle je m'implique depuis quelque temps.

La pièce reprenait, dans une mise en scène géniale utilisant marionnettes et théâtre d'ombres, des extraits marquants de l'épopée de Gilgamesh, un des récits les plus anciens qui nous soient parvenus, écrit (sans doute après avoir été longuement transmis par tradition orale) il y a près de 6000 ans par les Sumériens. Plusieurs autres textes marquants de l'histoire de l'humanité s'inspirent des thèmes et symboles de l'épopée de Gilgamesh, telles la Bible ou l'Odyssée d'Homère, ce qui confère au texte sumérien une aura spéciale.

Le thème central de cette épopée est une des grandes questions fondamentales à laquelle est confronté l'être humain: la mort.

En effet, Gilgamesh, après avoir rencontré son égal, Enkidu, et avoir développé avec lui une amitié fraternelle, perd son ami lors d'une bataille avec le taureau céleste envoyé par la déesse Ishtar qui se venge ainsi d'avoir été humiliée par Gilgamesh. Après la perte de son ami, Gilgamesh entreprend un périple initiatique pour trouver les réponses à ces questions:

Pourquoi la mort? Qu'est-ce que la mort? Y a-t-il moyen d'y échapper?

Au bout du chemin et des épreuves, Gilgamesh trouvera peu de réponses. Contrairement à celles qui seront par la suite proposées par les religions (judaïsme, christianisme, islam). Les Sumériens, dans leur sagesse, sans doute, nous laissent sur cette réflexion: en tant que vivants, nous ne connaissons que la vie. La mort est indisable. L'immortalité nous est refusée. Mais en tant que vivants, il nous importe de vivre. De perpétuer la vie.gilgamesh_news

Illustrations: Sceau néo-assyrien du 7e siècle avant J.-C. provenant de la Schoyen Collection. Sur l'image sont représentés Gilgamesh et son ami Enkidu, tuant le taureau céleste. Seconde image: marionnettes représentant Gilgamesh et Enkidu, Petit Théâtre de Sherbooke.

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23 octobre 2006

Le collège des Jésuites

Je vous fais part ici d'un texte que m'a envoyé Gilles, un de mes lecteurs, passionné par l'histoire du Vieux-Québec. Avec sa permission, je partage avec vous ce pan d'histoire de la ville de Québec.

***

Au-dessus de l'entrée principale du collège Saint-Charles-Garnier, sur le boulevard René-Lévesque à Québec, on peut voir l'inscription «Collège des Jésuites», avec une date indiquant sa fondation en 1635. On fait évidemment référence ici, non pas au collège actuel, érigé dans les années 1930, mais bien au tout premier Collège des Jésuites, celui de la Nouvelle-France. Celui-ci était situé dans le Vieux-Québec, à l’endroit même où s’élève aujourd’hui l’Hôtel de Ville. Le premier édifice, construit vers 1650, fut agrandi en 1725.

À la conquête, les Anglais ont montré la porte aux communautés d'hommes (Jésuites et Récollets), mais pas aux communautés de femmes (Ursulines et Augustines), celles-ci jouant un rôle social essentiel en prenant soin, notamment, des pauvres et des malades. Les biens des Jésuites ont été confisqués et le Collège est devenu une caserne pour les militaires britanniques, et ce, jusqu'au départ des troupes en 1871.

Peu de temps après, le collège a été démoli, entre 1877 et 1879. On voulait au départ construire sur ce site le nouveau Parlement de Québec, les parlementaires siégeant depuis 1792 dans divers édifices, aujourd’hui disparus, situés dans le parc Montmorency, au haut de la Côte de la Montagne. La décision a plutôt été prise de construire le Parlement à l'extérieur des murs et c'est finalement l'Hôtel de Ville qui a rempli, en 1896, le vide laissé dans le Vieux-Québec. Les pierres du vieux Collège ont été recyclées et ont servi à ériger une partie de la maçonnerie brute du Parlement.

On peut encore voir aujourd’hui, dans le parterre de l’Hôtel de Ville, une pierre qui ornait autrefois le fronton de l’entrée principale du Collège des Jésuites et sur laquelle sont inscrites les lettres JHS, pour Jesus Hominum Salvator… Jésus sauveur des hommes.

La photo ci-jointe montre le Collège des Jésuites en 1874, donc après le départ des troupes britanniques et quelques années avant sa démolition.

J_suites1874
(Photo Louis-Prudent Vallée
Collection Archives nationales du Québec)

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25 août 2006

L'épée de Damoclès

On peut dire que ma tumeur, c’est mon épée de Damoclès…

Mais au fait, qui était ce fameux Damoclès?

damoclesDamoclès était un courtisan du tyran de Syracuse, Denys l’Ancien, qui vécut au début du IVe siècle avant J.-C. Cicéron nous rapporte, dans ses Tusculanes (livre V) l’anecdote qui a donné lieu au proverbe « avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête ».

Damoclès n’avait de cesse de parler à Denys de son bonheur, du fait que, dans sa position de tyran, il avait accès à tout : au pouvoir, à la richesse, au luxe, aux plaisirs… Mais un jour, excédé de l’opinion si optimiste de son courtisan, Denys lui tint ces paroles : « Eh bien, puisque mon existence te sourit, veux-tu y goûter toi-même et faire l’épreuve de mon bonheur! » Damoclès fut enchanté de la proposition et accepta.

Ainsi, Denys installa son courtisan sur un lit d’or recouvert d’un tapis tissé richement. Il l’entoura d’un grand banquet composé de plats présentés dans de la vaisselle d’or et d’argent. De superbes esclaves étaient à son service. Damoclès se voyait au comble du bonheur…

Pourtant, au milieu de la fête, Denys fit placer au-dessus de la tête de Damoclès un glaive étincelant, maintenu suspendu à l’aide d’un seul crin de cheval. Quand Damoclès remarqua le glaive qui le menaçait, aucun plaisir ne lui parut digne d’intérêt. Il finit par supplier Denys de le laisser se retirer. Ainsi, Denys avait réussi à montrer à son courtisan qu’il n’y a point de bonheur pour celui qui est sous le coup d’une menace terrible.

Source :
Cicéron. Œuvres philosophiques. Tusculanes. Vol. 2. Texte établi par G. Fohlen et traduit par J. Humbert. Paris, Les belles lettres, 1968.

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07 août 2006

La médecine chez les Grecs: Asclépios et le rituel d'incubation

Les Grecs pratiquaient la médecine et possédaient même des techniques assez raffinées, notamment en chirurgie. Bien entendu, la religion, qui faisait partie intégrante de la vie des anciens Grecs, était étroitement associée à la guérison. Ainsi, il existait en Grèce des sanctuaires où les malades se rendaient pour être guéris. Voici une petite présentation du dieu grec de la médecine, Asclépios, et du rituel principal de guérison qui avait cours dans l’Antiquité, notamment au sanctuaire d’Épidaure.

AsclepiosAsclépios est un héros qu’on dit fils d’Apollon et d’une mortelle, Coronis. Cette jeune femme avait été infidèle à Apollon et celui-ci la tua. Cependant, le dieu, regrettant son geste, la changea en corbeau. Puis, comme la jeune femme était enceinte, il sauva son enfant qui n’était pas encore né, et le confia au centaure Chiron. Asclépios apprit l’art de la médecine auprès du centaure. Il faut préciser qu’Apollon est un dieu guérisseur lui-même mais il est aussi associé à la mort subite (comme il tire des flèches, on croit qu’une mort subite est l’œuvre d’une flèche du dieu). Lors de son apprentissage auprès du centaure, Asclépios se révèle un si bon médecin qu’il est capable de ressusciter les morts. Un jour, il va ressusciter Hippolyte, qui était un favori d’Artémis, la sœur jumelle d’Apollon (la mort d'Hippolyte est un mythe en soi...) Mais cet acte était un sacrilège car un mortel n’a pas le droit de ressusciter les morts. Zeus va alors le punir pour avoir interféré avec le domaine des dieux : il le foudroie. Apollon se vengera ensuite de ce crime.

Lorsqu'on représente Asclépios, on l'identifie généralement grâce à son caducée: un long bâton de pélerin sur lequel s'enroule un serpent. Ce symbole est d'ailleurs devenu celui de la profession médicale.

Les historiens discutent encore à savoir si ce personnage n’aurait pas réellement vécu et qu’il aurait ensuite été divinisé. À l’époque classique (vers 500 avant J.-C.), ce dieu était très important et était vénéré comme le fondateur de la médecine.

Hippocrate, un des plus grands médecins de l’Antiquité et qui a inspiré le serment que les médecins actuels prêtent encore aujourd'hui, était un prêtre d’Asclépios. Les prêtres d’Asclépios, initiés à la médecine, se nommaient les Asclépiades.

Il faut savoir aussi que le tragédien Sophocle (496-406 avant J.-C.) aurait joué un grand rôle dans l’établissement de son culte à Athènes. Sophocle en effet vénérait son culte. Mais le plus fameux sanctuaire  dédié à Asclépios était à Épidaure. 

Épidaure est une petite cité située dans le Péloponnèse, au sud d’Athènes. Elle est surtout connue pour son fameux théâtre, très bien conservé encore aujourd’hui et dont les propriétés acoustiques sont incroyables. Toutefois, il existait également là un sanctuaire dédié au dieu médecin.

Les fidèles venaient à Épidaure de partout dans le monde grec pour être guéris, un peu comme on fait des pèlerinages de nos jours à Lourdes ou à Sainte-Anne-de-Beaupré. Ils y pratiquaient le rituel de l’incubation. Ce rituel consistait à dormir dans un temple pour recevoir en rêve des messages d’un dieu et pour recevoir des indications sur le remède à sa maladie, ou pour d’autres choses. Les prêtres médecins interprétaient ces rêves pour tenter de trouver l’origine de la maladie et d’en découvrir la cure. Les prêtres faisaient ensuite des prescriptions que les fidèles devaient suivre pour guérir.

Avant l’incubation, le fidèle devait se purifier durant trois jours. On procédait également à des sacrifices. On faisait un don d’argent et une offrande de trois gâteaux : un au succès, un autre à la Santé (Hygie, fille d’Asclépios) et au Bon Ordre (Thémis). Le malade dormait dans une chambre attenante au sanctuaire en portant une couronne de laurier. 

Dans les ruines du sanctuaire, les archéologues ont retrouvé des milliers d’ex-voto représentant des parties du corps. Ces ex-voto étaient offerts au dieu lors de guérison. Précisons enfin que l’animal sacrifié en l’honneur d’Asclépios était le coq. D’ailleurs, quand Socrate but la ciguë en 399, on rapporte qu’il aurait dit à ses disciples : « Je dois un coq à Asclépios! » en soulignant le fait qu’il mourait âgé mais en santé et qu’il en remerciait le dieu.

Ex_voto_pieds(Noter que sur l'image insérée ici représentant des pieds, on peut très bien lire, sur la seconde ligne, le nom d'Asclépios en grec.)

Il est donc intéressant de constater que la médecine ancienne donnait une grande importance à l’aspect spirituel et aux rêves, ce qui rejoint la réflexion que je faisais plus tôt à propos des rêves et de la maladie.

Posté par Julie GravelR à 18:01 - Histoire et Antiquité - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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